Laval Chartré, connu entre autres pour l’organisation du Carnaval de Sherbrooke et des Rendez-vous d’Howard, a décidé de mettre fin à son mandat d’administrateur à Destination Sherbrooke.
Laval Chartré, connu entre autres pour l’organisation du Carnaval de Sherbrooke et des Rendez-vous d’Howard, a décidé de mettre fin à son mandat d’administrateur à Destination Sherbrooke.

Démissions au C.A. de Destination Sherbrooke

Deux administrateurs de Destination Sherbrooke ont remis leur démission lors de l’assemblée générale de l’organisation paramunicipale, mercredi soir. Marco Corbin, de la Halte des Pèlerins, et Laval Chartré, connu entre autres pour son implication à la Fête du lac des Nations, aux Rendez-vous d’Howard et au Carnaval de Sherbrooke, tirent leur révérence.

Laval Chartré avait annoncé ses intentions depuis plusieurs mois, lui qui avait l’impression que l’ex-présidente Annie Godbout avait le mandat de sabrer dans le budget de l’organisation depuis son entrée en poste. « Destination Sherbrooke a changé beaucoup dans les dernières années et ça changera encore plus dans le futur. On lui a enlevé de la saveur, on le fusionnera probablement, et ça ne convenait plus au gars d’événement en moi. Ça m’a découragé et déçu. »

M. Chartré dit que les changements ont commencé à paraître il y a deux ans. « J’ai toujours pensé quand Mme Godbout a été nommée qu’il y avait une carte cachée à la Ville ou à l’exécutif. Il s’est passé toutes sortes de petits événements désagréables à l’exécutif et au C.A. de Destination de Sherbrooke », affirme-t-il en refusant d’élaborer.

S’il doit s’investir dans l’organisation de nouveaux événements, Laval Chartré ne le fera pas à Sherbrooke. « On fera peut-être des événements ailleurs pour s’éloigner de ce cancer généralisé. Le développement se fera ailleurs pour ne pas avoir à travailler avec ces gens-là. »

À propos des autres élus au C.A. de Destination Sherbrooke, M. Chartré dit de Danielle Berthold qu’elle aime les événements et qu’il se serait attendu à une défense plus vigoureuse de sa part. Chantal L’Espérance, elle, aurait volé au secours du tourisme lors des réunions du C.A. 

Laval Chartré estime que les circonstances rendront le recrutement au C.A. plus difficile.

Marco Corbin

Marco Corbin souhaite pour sa part avoir une plus grande liberté de ses opinions. Il estime passer trop de temps à faire de la politique plutôt qu’à développer le tourisme. 

Dans sa lettre acheminée au conseil d’administration, dont La Tribune a obtenu copie, M. Corbin qualifie le « portrait actuel » de Destination Sherbrooke de « désolant ». « La Ville modifie à son gré les règles du jeu qu’elle a elle-même fixées. Ce n’est pas ça la démocratie, surtout lorsqu’on exige du C.A. de se taire sur la situation. À titre de bénévoles, nous offrons gratuitement notre temps et notre expertise pour le bien de la communauté. La finalité de la réforme actuelle et des coupes budgétaires imposées par la Ville sera une industrie touristique sherbrookoise affaiblie qui aura peine à se relever de la présente crise », écrit-il. 

Il évoque que pour rétablir la démocratie à Sherbrooke, il faudra « se souvenir ». « Il ne me reste qu’à vous donner rendez-vous dans un an et demi, aux urnes. »

Marco Corbin évoque aussi la nécessité de se concentrer sur son vignoble, où il estime les pertes à au moins 40 % de son chiffre d’affaires en raison de la COVID-19. « Je dois me concentrer sur la relance de mon entreprise. »

Il critique du même coup la présidence de Destination Sherbrooke sous l’égide d’Annie Godbout. « Depuis deux ans, le changement de présidence à Destination Sherbrooke a enlevé toute forme de sentiment du devoir accompli. J’y siégeais pour faire du tourisme, pas de la politique, sur du temps bien souvent amputé à ma famille. »

Il salue ainsi la transformation opérée par l’arrivée de Sylvie L. Bergeron à la présidence et dit s’inquiéter pour l’avenir des employés de Destination Sherbrooke. 

Mme Bergeron n’est pour sa part pas surprise du départ de ses confrères puisqu’ils avaient annoncé leurs intentions. « On a eu toutes sortes de bâtons dans les roues, alors oui, c’est démobilisant. Mais nous sommes déjà en recrutement au conseil d’administration pour aller de l’avant et respecter l’entente que nous avons avec la Ville. Il faut mettre beaucoup d’énergie pour convaincre des gens de s’asseoir autour de la table dans ces circonstances. »