Un cycliste de 63 ans est décédé à la suite des blessures subies lors d’une chute survenue sur la bande cyclable du chemin Saint-Roch Sud en 2017.

Décès d'un cycliste en 2017: la coroner fait trois recommandations

La coroner Kathleen Gélinas recommande l’analyse de la mise aux normes de la voie cyclable sur le pont du chemin Saint-Roch Sud. Elle formule trois autres recommandations à la Ville de Sherbrooke et deux à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) à la suite du décès d’un cycliste de 63 ans en octobre 2017.

Me Gélinas recommande à la Ville de s’assurer de respecter les normes d’implantation des voies cyclables prescrites par le ministère des Transports, de déployer des efforts supplémentaires pour la mise aux normes de bandes cyclables et de pistes cyclables sur trottoir pour traverser un pont, de tenir compte de la vitesse des cyclistes pour la mise aux normes de la piste cyclable sur le pont du chemin Saint-Roch Sud et de déployer des efforts supplémentaires en matière de signalisation pour les cyclistes de manière à les aviser de la présence d’une forte pente dans la bande cyclable du chemin Saint-Roch.

Le 10 octobre 2017, la victime circulait en direction nord sur le chemin Saint-Roch Sud, dans la voie cyclable de droite. Elle se trouvait sur une bicyclette électrique et portait un casque protecteur. L’homme a subi des blessures importantes à la suite d’un vol plané. Il est décédé trois jours plus tard.

Dans son rapport, Kathleen Gélinas soulève que le système mécanique de la bicyclette était en bon état. La vitesse maximale atteinte par le cycliste, selon les données du module électrique, est de 48,7 km/h. Malgré quelques imperfections dans la chaussée, la présence des fissures est écartée comme cause potentielle de la chute.

Effet d’entonnoir

La coroner relève que la configuration de la piste cyclable, qui aboutit vers un trottoir sur le pont du chemin Saint-Roch Sud, « suscite plusieurs questionnements ». « La largeur de la piste cyclable dépourvue de trottoir est de 1,5 m. Sur la portion du pont, le trottoir occupe une superficie de 1,3 m [...], faisant en sorte de laisser un espace de 20 cm entre le marquage au sol ainsi que des bâtons flexibles. » Il y a donc un effet d’entonnoir. Le cycliste qui voudrait respecter le Code de la sécurité routière, dans lequel il est interdit aux cyclistes de circuler sur un trottoir sauf en cas de nécessité, emprunterait donc un corridor de 20 centimètres.

« La piste cyclable et le trottoir tel qu’aménagé contraignent le cycliste à prendre la seule décision possible à savoir un freinage [...] », écrit Kathleen Gélinas.

Elle souligne que la piste cyclable où est survenu l’accident ne semble pas respecter le Guide pour l’aménagement des pistes cyclables publié par le ministère des Transports. Celui-ci prévoit que les bandes cyclables doivent avoir 1,5 m de largeur. La largeur minimale requise pour une bande cyclable sur un trottoir serait plutôt de 2 m. Un espace supplémentaire doit être prévu pour une piste cyclable en pente, comme c’est le cas sur le chemin Saint-Roch, en raison de la possibilité d’une vitesse élevée.

Corrections effectuées

À la Ville de Sherbrooke, on prévoyait à l’automne 2019 des travaux de réfection de la chaussée qui permettraient l’aménagement d’une bande cyclable plus large à cet endroit. Le pont, lui, ne devait pas être réaménagé. Une signalisation devait être ajoutée pour exiger des cyclistes qu’ils descendent de leur bicyclette pour passer sur le pont. Au moment d’écrire son rapport, la coroner constate que « les travaux envisagés n’étaient toujours pas débutés ».

À la Ville, on rétorque qu’ils ont bel et bien été effectués.

La coroner craint que l’absence de mise aux normes du trottoir n’augmente les risques d’accident pouvant entraîner des décès.

Kathleen Gélinas note par ailleurs qu’un impact à une vitesse de 50 km/h pour un cycliste augmente de cinq fois les probabilités de décès par rapport à un impact à 30 km/h. Elle recommande donc à la SAAQ de revoir son programme de sensibilisation auprès des cyclistes pour y inclure l’importance d’adapter la conduite au contexte routier et de sensibiliser les cyclistes aux risques de la vitesse.

À la SAAQ, on rapporte que les recommandations apparaissent très pertinentes. « Nous veillerons à intégrer les notions suggérées dans nos outils de sensibilisation, notamment sur notre site web et dans notre prochaine édition du Guide de sécurité à vélo. »

La présidente du comité de la sécurité routière de la Ville de Sherbrooke, Danielle Berthold, indique simplement que le rapport de la coroner est en analyse et qu’elle ne le commentera pas pour le moment.