Homme de l’ombre, Claude LeBlanc ne cherchait aucune reconnaissance pour ses heures de bénévolat.

Décès du bénévole notoire Claude LeBlanc

Bénévole notoire à Sherbrooke, Claude LeBlanc est décédé, très tôt mercredi matin, à l’âge de 75 ans des suites d’un cancer fulgurant.

« C’était un personnage hors norme, un homme vraiment exceptionnel. C’était un ours, un homme entier qui parlait franchement. Il était délinquant dans le bon sens du mot. Il ne croyait pas beaucoup aux règles dans la vie. Il voulait faire ses propres règles, changer les choses. Il a donné, donné, donné pour sa communauté. C’était un exemple d’homme qui donne sans rien exiger en retour et qui le fait par amour et parce qu’il croit aux causes qu’il soutenait. Il va laisser derrière lui des anecdotes pour plusieurs années », a commenté l’ancien premier ministre Jean Charest. 

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Ce dernier s’était lié d’amitié avec Claude LeBlanc à l’âge de 22 ans, alors qu’il était avocat à l’aide juridique, section criminelle, et que M. LeBlanc travaillait au centre de détention à Sherbrooke. 

« Quand mon aventure politique a commencé, il est venu me donner un coup de main. Il a été un très bon compagnon au cours de mes 28 années de politique active et notre amitié s’est poursuivie par la suite. Il a contribué à toutes mes campagnes et entre mes campagnes, on se parlait, on s’écrivait. Il me défendait et parfois, il me disputait parce qu’il était d’accord ou pas avec certaines choses. Mais il agissait toujours avec une immense générosité », note l’ancien premier ministre du Québec, qui a pu faire ses adieux à son ami samedi dernier.

 « Il était conscient et acceptait le fait que c’était la fin. Il disait qu’il était plus près de la mort que de la vie. Sa femme Raymonde, ses deux fils et son grand ami André Castonguay étaient là et on lui disait que ce n’était pas fini. Que la bataille commençait », a ajouté M. Charest. 

Son ami André Castonguay est très bouleversé à la suite du décès de son complice des 40 dernières années. « Il est parti très rapidement. Claude représentait beaucoup pour moi. C’est le type de personne qu’on ne rencontre pas souvent. Il était d’une telle générosité. On avait le don de régler le sort du monde dans nos conversations », a témoigné très ému l’ancien policier.

M. LeBlanc était membre fondateur de l’organisme de prévention de la criminalité Échec au crime Estrie. Il a agi à titre de bénévole au sein d’organisations comme les Chevaliers de Colomb, la Société canadienne du cancer, la Fondation des maladies du rein.

« Sa vie, c’est pas compliqué, c’était d’améliorer ce qui se passe dans sa communauté. C’était la raison pour laquelle il se levait tôt le matin et la raison pour laquelle il se couchait tard le soir. C’était un homme d’action qui ne disait jamais non. Quand on voit quelqu’un d’exceptionnel comme lui qui se dévoue intensément pour autant de causes, on a l’impression qu’il le fait pour nous aussi. Alors on ne peut pas lui dire non. Et quand Claude demandait de l’aide, ce n’était jamais pour lui, c’était toujours pour la cause », témoigne son ami Martin Dufour, qui a connu M. LeBlanc grâce à leur intérêt commun pour la politique.

« Peu importe les couleurs politiques, Claude trouvait important que les gens s’engagent politiquement. Il appuyait des êtres humains plus que des partis », mentionne M. Dufour.

Ces dernières années, il faisait la promotion de l’implantation de défibrillateurs accessibles au public. C’est grâce à lui et son complice le Dr Wayne Smith que la Fondation des Bons samaritains a vu le jour en février dernier.

« Il avait un caractère fort, mais il était aussi doux et gentil. Il était le genre d’homme qui te met une main sur l’épaule pour t’encourager. C’était un homme au grand cœur, très engagé. Des soupers-bénéfices, il a dû en organiser 500 ou 1000 », souligne son ami Daniel Bergeron.

« C’était lui le bon samaritain », note M. Dufour.

Homme de l’ombre, M. LeBlanc ne cherchait aucune reconnaissance pour ses heures de bénévolat. 

« C’était un homme plus grand que nature. Les gens disent parfois que tout le monde est remplaçable, mais pour Claude LeBlanc, ce sera très difficile. Peut-être qu’en gang on arrivera à combler le vide, mais on devra être nombreux », résume M. Dufour.