Dany Sévigny du Parti conservateur, Mathieu Morin du Parti vert, Pierre-Luc Dusseault du NPD, Élisabeth Brière du Parti libéral et Claude Forgues du Bloc québécois ont participé à un débat électoral organisé par le 107,7 lundi à Sherbrooke, et animé par Martin Pelletier.

Débat dans Sherbrooke : unanimes face à l'aéroport... ou presque

L’aéroport de Sherbrooke est encore une fois revenu au centre des discussions à l’occasion d’un débat entre les candidats de la circonscription de Sherbrooke organisé dans les studios de Cogeco lundi midi. Si la majorité des candidats se sont dits en faveur de l’établissement d’un lien aérien, le Parti vert a détonné en s’opposant carrément au projet.

Pierre-Luc Dusseault du NPD, Élisabeth Brière du Parti libéral, Claude Forgues du Bloc québécois, Dany Sévigny du Parti conservateur et Mathieu Morin du Parti vert ont échangé sur plusieurs thèmes dont l’environnement, les transports, la santé, la pénurie de main-d’œuvre et l’immigration. L’animateur Martin Pelletier était le chef d’orchestre du débat.

« On dit non au projet de l’aéroport et c’est là qu’on voit qui est vraiment vert, a indiqué Mathieu Morin. La seule raison pour laquelle les autres partis sont en faveur du projet, c’est que personne n’a pensé à mettre en place un plan national de transport qui prioriserait le transport par train. L’avion est l’un des moyens de transport les plus polluants alors que le train est l’un des moins polluants. Le train est un mode de transport plus abordable que l’avion qui ne serait pas du tout accessible aux gens de la classe moyenne. »

Tous les autres candidats se sont dits favorables au projet.

« L’aéroport est complémentaire au projet de train, parce que ça permet d’ouvrir Sherbrooke sur le monde, a souligné Pierre-Luc Dusseault. Les entrepreneurs veulent exporter à l’extérieur du pays et s’ils veulent le faire en France ou en Asie, ils doivent prendre l’avion, ils n’ont pas le choix. »

Questionné par Mme Brière et M. Sévigny à savoir pourquoi le projet de l’aéroport n’a pas avancé dans les huit dernières années, M. Dusseault a blâmé les gouvernements conservateur et libéral.

« Si ça avait été un gouvernement néo-démocrate, je peux vous assurer que le dossier serait réglé, a-t-il mentionné. M. Harper est venu à Sherbrooke en 2013 et il a refusé de rencontrer le maire, ça montre l’attitude qu’avaient les conservateurs. »

Élisabeth Brière souligne la volonté des gens d’avoir un aéroport à Sherbrooke.

« Les gens que j’ai rencontrés confirment le besoin d’avoir un aéroport, mentionne-t-elle. Ça peut aider les entreprises à croître. L’aéroport, ce n’est pas pour aller passer la journée à Montréal, pour ça on prendra le train, c’est plutôt pour connecter à un autre vol. »

De son côté, Dany Sévigny avait appuyé le projet lorsqu’il était président de la Chambre de commerce de Sherbrooke. Il se dit « toujours convaincu de l’importance d’avoir un aéroport significatif à Sherbrooke ». 

Claude Forgues a dit vouloir se ranger derrière la volonté populaire dans ce dossier.

« Mon initiative d’affaires c’est d’être un organisateur communautaire, comme Barack Obama, et l’appui populaire pour ce projet est plus fort que n’importe quel appui d’un député d’arrière-ban. »



Ce qu’ils ont dit concernant les infrastructures locales

« Nos rues, on peut dire qu’elles ont cinquante nuances de gris. Le coût des réparations a quadruplé depuis plusieurs années, mais l’aide gouvernementale ne l’a pas été. » — Claude Forgues

« Des visionnaires dans le passé ont développé Cité des rivières. Il manque un petit quelque chose et on pourrait rénover le pavillon Armand-Nadeau, soit pour l’agrandir ou le rendre plus accessible pour en faire une attraction à Sherbrooke. » — Élisabeth Brière

« Je me suis engagé à investir entre autres au centre-ville pour mieux le protéger contre les inondations qui seront plus fréquentes et plus importantes. Également une meilleure gestion des eaux pluviales et ça prend des investissements massifs. » — Pierre-Luc Dusseault

« Le palier le mieux placé, c’est la Ville de Sherbrooke, mais c’est eux qui ont le moins d’argent. Le Parti vert veut augmenter le transfert vers les municipalités. On veut tendre vers le zéro déchet. » — Mathieu Morin

« Le déploiement de l’internet 5G inquiète l’administration municipale. Le gouvernement fédéral devra collaborer avec les municipalités pour contrôler l’implantation de tours qui vont se multiplier. » — Dany Sévigny



Questions surprises

L’un des segments les plus intéressants du débat a sans aucun doute été la portion des questions surprises posées par Martin Pelletier. Les candidats ont dû sortir de leur ligne directrice et de leurs notes. Voici leur réponse :

Pierre-Luc Dusseault sur ses réalisations lors des deux derniers mandats : « Parfois ça surprend les gens, mais on a aidé 10 000 personnes à mon bureau de circonscription. J’ai aidé de nombreuses entreprises. » 

Élisabeth Brière sur ses engagements locaux sur l’environnement : « Un député fédéral est là pour accompagner les initiatives locales. On a l’Université de Sherbrooke avec des projets extraordinaires en matière de lutte aux changements climatiques. »

Mathieu Morin sur la proposition de son parti de décriminaliser la possession de toutes les drogues : « Il faut aider les consommateurs. Ce n’est pas en les traitant comme des criminels qu’on les aide à se sortir de cette misère. Ils ont peur parfois de divulguer en raison des conséquences criminelles. »

Dany Sévigny sur le droit à l’avortement : « Je démissionnerais de ce parti s’il y avait une ouverture quelconque pour limiter le droit des femmes. Je ne dirai jamais à mes filles quels choix elles doivent faire, déjà que c’est très compliqué pour elles lorsqu’elles doivent prendre une décision comme celle-là. C’est inimaginable. »

Claude Forgues sur le fait que son chef ne soit pas encore venu à Sherbrooke : « Il y a cinq semaines de campagne. Le Bloc a des moyens limités. La campagne n’est pas terminée, vous verrez. »