L’indice de volatilité VIX, traditionnellement surnommé « indice de la peur », évolue au plus haut depuis fin 2008.

Débâcle boursière: s’il y a des vendeurs, il y a des acheteurs

Les débâcles boursières comme celle que nous connaissons, c’est comme le tango; il faut être deux pour le danser. Lors d’une transaction d’actions, il y a un vendeur, mais aussi un acheteur.

Est-ce que la crise boursière va se poursuivre? Sommes-nous près du creux pour ensuite observer une reprise des marchés? Quelles sont les menaces réelles du coronavirus sur les probabilités d’une récession?

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Le professeur Mario Lavallée, spécialiste des questions financières à l’Université de Sherbrooke, se pose lui aussi de multiples questions en voyant les marchés financiers dans le rouge depuis quelques jours.

« Il y a des gens qui vendent, mais aussi d’autres qui achètent. Donc, il y a des personnes qui pensent que ce n’est pas si risqué et elles achètent, analyse-t-il. Qui a raison? »

« Difficile de dire combien de temps ça va durer. Il y aura certainement des dérapages puisqu’il est question d’émotions. »

Un vent de panique a soufflé sur les marchés financiers du monde entier lundi. Les actions et les rendements obligataires ont plongé, notamment en raison de l’impact de l’éclosion du nouveau coronavirus sur l’économie. Le prix du pétrole a aussi chuté.

Pour le professeur Lavallée, qui s’intéresse au marché boursier, à la vulgarisation des concepts financiers, à la gestion de portefeuille et à la gestion de caisses de retraite, les risques d’une récession demeurent possibles.

Le professeur Mario Lavallée, spécialiste des questions financières à l’Université de Sherbrooke, se pose lui aussi de multiples questions en voyant les marchés financiers dans le rouge depuis quelques jours.

« J’ai rencontré récemment des employés canadiens de multinationales américaines. Ces gens se sont fait dire d’arrêter de voyager à moins que ça soit nécessaire », soutient-il.

« Ce genre de mot d’ordre peut avoir des conséquences économiques et créer des problèmes financiers importants. »

D’un autre côté, on doit tenir compte que la bourse a vécu des années de hausses importantes. Les gens qui vendent aujourd’hui peuvent avoir fait beaucoup de profits. Ils disposent donc de liquidités importantes et pourraient se tenir prêts à acheter le temps venu, analyse M. Lavallée.

« Ce n’est pas tout le monde qui vend à perte, lance-t-il. Le S&P 500 est revenu au niveau de juin 2019. Les gens disposent maintenant de liquidités. Ça peut partir à la hausse rapidement. »

« La bourse prévoit les récessions. S’il se passe la même chose en Amérique qu’en Chine et en Corée, les marchés pensent qu’il y aura une récession. En Chine, la consommation de charbon n’a pas repris après les festivités du Nouvel An (12 février). Habituellement, ça reprend. Les gens ne sont pas retournés au travail. La consommation de téléphones iPhone a baissé. Ça illustre bien la baisse de l’activité économique. Mais on prévoit que la production reviendra à la normale à la fin mars déjà. »

S’il avait un conseil à donner aux gouvernements, Mario Lavallée leur dirait de concentrer les énergies à combattre le coronavirus dans un premier temps. On doit ensuite atténuer les impacts sur l’économie du pays.

En second lieu, il faudra prendre des mesures pour stimuler la santé économique afin que la roue reparte.