Charles Baillargeon

De victime à consommateur de pornographie juvénile

Consommateur de pornographie juvénile pour combattre les séquelles d’agressions subies dans son enfance, Charles Baillargeon passera dix-huit mois en détention.

L’individu de 48 ans a été condamné, vendredi, à cette peine individualisée par le juge Éric Vanchestein de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Il a plaidé coupable aux accusations entre septembre 2011 et septembre 2017 de possession de pornographie juvénile, entre novembre 2011 et septembre 2017 d’avoir rendu accessible de la pornographie juvénile et de distribution de pornographie juvénile en mars 2017.

« On parle de très jeunes enfants entre un an et demi et huit ans sur les fichiers saisis. Ils étaient victimes d’actes d’agressions sexuelles », précise la procureure aux poursuites criminelles, Me Joanny Saint-Pierre.

Baillargeon ne possédait aucun antécédent judiciaire.

« Lorsqu’il visionnait les vidéos, il comprenait ce qu’il avait subi dans son enfance. Ça s’est transformé en déviance », explique l’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique.

C’est une enquête de la Sûreté du Québec faite avec un logiciel d’enquête qui cible les adresses IP actives en matière de partage de fichiers qui a permis de repérer Baillargeon.

Deux vidéos complets et un vidéo partiel ont d’abord été téléchargés à partir de l’ordinateur de Charles Baillargeon par l’enquêteur.

Au total, 965 fichiers graphiques, deux fichiers animés et 694 avec des noms à connotations de pornographie juvénile ont été trouvés dans l’ordinateur de Baillargeon.

« Je considère que la société a le droit de se protéger. Je félicite la procureure », a mentionné Baillargeon avant de prendre le chemin de la prison.

Il a fait plusieurs déclarations aux policiers confirmant sa problématique liée à la pornographie juvénile.

 « Ça peut expliquer, mais ça ne justifie pas ce que vous avez fait. Vous avez entrepris des démarches importantes pour ne pas récidiver », a indiqué le juge Vanchestein.

Ce début de réhabilitation a été tenu en compte dans la suggestion commune des avocates au dossier.

«Il s’agit de pornographie juvénile sur une longue période. Ce n’est pas légal d’utiliser ce type de stratégie pour combattre ce qu’une victime a vécu. C’est une peine individualisée qui est suggérée. Nous en faisons en cas particulier parce que dans pareil dossier, une peine de pénitencier aurait pu être imposée à la suite d’un procès », soutient la procureure aux poursuites criminelles.

La perquisition a été faite en septembre 2017 par la SQ.

La peine tient aussi compte des aveux de Baillargeon et qu’il a renoncé à invoquer des questions de chartes qui auraient pu être soulevées lors d’un procès.

« Il a pris conscience de l’ampleur de la situation. Il a donné tous les mots de passe aux enquêteurs et donné tous les détails. Il a repris sa vie en main à la suite de son arrestation », mentionne Me Lamarre-Leroux.

Baillargeon a entrepris un suivi avec une psychologue et souhaite faire ses études.

« Il a fait des démarches de groupe avec le CIVAS. Le cheminement va se poursuivre à la sortie de détention », indique Me Lamarre-Leroux.

Une probation de trois ans avec suivi a été imposée. Il devra se soumettre à toute thérapie en lien avec sa déviance sexuelle.

Son nom sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à perpétuité.