La conseillère Hélène Dauphinais

Dauphinais votera contre le budget

Se disant déçue et invoquant une « différence de vision et de façon de faire », la conseillère Hélène Dauphinais n'endossera pas le budget qui sera déposé lors du conseil municipal lundi.
« Personnellement, après trois ans où je montre que je n'ai pas la même vision que l'appareil municipal, c'est certain que ça n'a pas changé par magie », a répondu sans ambages l'économiste de formation à La Tribune dimanche.
Refusant de dévoiler la teneur de la hausse de taxes qui incombera aux Sherbrookois en 2017, la conseillère du district du Pin-Solitaire a néanmoins déploré que les élus se rabattent de nouveau sur « la solution facile ».
« Le premier budget qu'on a fait en 2014, on a fait vite et on a transféré une hausse de taxes importante aux citoyens alors qu'on s'est aperçu que c'était un beaucoup trop grand fardeau. Toute la TPS et la TVQ avaient été reléguées aux citoyens alors qu'une partie était remboursée plus tard. L'an passé, je suis arrivée avec une solution pour maintenir la taxe au taux de l'inflation et on n'a même pas voulu entendre mes propositions. Cette année, c'est encore dans le même esprit que ça se fait. Ça demande un effort important de se faire une tête là-dessus en dix jours lorsque les membres de l'exécutif ont pris plusieurs mois, mais ça n'intéresse pas les gens qui sont assis autour de la table. »
« Et après trois ans au conseil, on comprend qu'une fois que l'exécutif endosse le budget, avec le parti du maire, ça fait déjà 12 élus qui l'approuvent. Il y a une majorité et c'est déjà canné. Demain soir [lundi], c'est trop tard. »
L'an dernier, Jean-François Rouleau, Annie Godbout et Pierre Tardif avaient également voté contre le budget, qui avait été adopté par un vote de 15 contre 4. Pierre Tardif a refusé de se prononcer avant la séance du conseil, tout comme Jean-François Rouleau, qui s'est cependant dit « très préoccupé par l'avenir financier de la Ville » et du nouvel « effort qui serait demandé aux citoyens ». Annie Godbout n'a pas rappelé La Tribune.
Hélène Dauphinais aimerait que les membres du conseil municipal prennent l'habitude de remettre en question leurs décisions.
« C'est un exemple que je donne souvent, mais les murales, faut-il continuer d'en faire à 200 000 $ par année ? On nous dit que lorsqu'on interroge le bureau touristique, c'est ce sur quoi les gens s'informent le plus, mais est-ce que les gens vont visiter les 12 murales qu'on a déjà ou ils en visitent quatre et ça leur suffit ? La Ville gonfle comme dans la grenouille et le boeuf et on ne se pose jamais la question à savoir si on ne doit pas enlever des choses plutôt que d'en ajouter. »
Du côté des cols bleus, qui ont officiellement signé leur nouvelle convention collective vendredi dernier, on souhaite que la récente hausse de salaire de 2 % pendant cinq ans des employés municipaux ne serve pas à leur faire porter le bonnet d'âne.
« Ce serait trop facile de mettre ça sur notre dos, mentionne le président du Syndicat des cols bleus, Mario Bernard. L'ambiance était très bonne lorsqu'on a signé et il y a beaucoup d'autres dépenses à la Ville qui rentrent en ligne de compte. »