Les anciens députés Luc Fortin et Karine Vallières disent aussi avoir été intimidés. archives La Tribune, Maxime Picard
Les anciens députés Luc Fortin et Karine Vallières disent aussi avoir été intimidés. archives La Tribune, Maxime Picard

D’anciens députés disent avoir été intimidés

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Christine Labrie n’est pas la seule députée à avoir eu recours aux policiers pour des situations intimidantes. L’ex-ministre de la Famille et de la Culture Luc Fortin et l’ancienne députée de Richmond Karine Vallières ont également dû appeler les forces de l’ordre dans le passé.

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« Un type était très insistant, très agressif, toujours de manière écrite, raconte Luc Fortin, qui a représenté les Sherbrookois sous le gouvernement Couillard. Il a aussi un site internet. Il publie les réponses qu’on donne et traite les élus de dépravés, de minables, criminels, corrompus. Une fois, on avait appelé l’officier qui était responsable du bureau de circonscription. Il était allé chez lui. Le type en question l’a pris en photo et l’a publié sur son site en disant qu’il était un minable policier, qu’il voulait protéger le pouvoir corrompu. »

« Je suis pas mal certain que tous les députés de l’Assemblée nationale auraient leur histoire à raconter », pense M. Fortin, qui a aussi fait appel à la police lorsque son bureau a été vandalisé. « Quand tu vois que c’est seulement tes affiches qui sont ciblées avec le même type de message, c’est effectivement toi qui es ciblé. Ce sont des choses qu’on doit prendre au sérieux. Est-ce que j’ai déjà senti que mon intégrité physique était menacée ? Non. »

Un inconnu dans sa fenêtre

De son côté, la situation de Karine Vallières a commencé avec une personne qui lui écrivait avec insistance. « Elle me disait : “si tu ne réponds pas je vais me tuer” et plus tard, ç’a été “si tu ne me réponds pas, tes enfants vont à l’école, je vais les rattraper”. Jusqu’à ce qu’un matin, cette personne soit dans ma porte-patio lorsque j’ai ouvert les rideaux le matin », témoigne l’ancienne députée libérale. 

« J’ai fait un lien, car ce n’était pas sa photo sur les réseaux sociaux, poursuit-elle. [...] Ils ont retrouvé la personne derrière le compte Facebook. Je n’ai pas fait de plainte formelle, car c’était quelqu’un qui avait des problèmes de santé mentale. Finalement, ses parents l’ont prise en charge. »

L’intimidation peut même venir après la vie de députée, déplore Mme Vallières. « J’ai écrit que le changement du nom d’Asbestos est une bonne chose pour telle ou telle raison, ça m’a valu qu’une personne m’écrive pour m’insulter et me dire qu’elle comprend pourquoi je ne suis plus députée », exprime-t-elle.