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Benoît Caron s’est lancé le défi de courir 5 kilomètres par jour pendant 100 jours de suite. Mardi matin, il terminait son cinq-centième kilomètre.
Benoît Caron s’est lancé le défi de courir 5 kilomètres par jour pendant 100 jours de suite. Mardi matin, il terminait son cinq-centième kilomètre.

Courir pour se guérir

Anthony Ouellet
Anthony Ouellet
La Tribune
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Comment se reprendre en main, faire amende honorable et entreprendre le chemin de la guérison quand notre maladie mentale a causé la fin d’une relation amoureuse? Dépendant affectif, Benoît Caron a choisi de répondre à ces questions en se lançant un défi personnel de parcourir un total de 500 km en 100 jours à la course, défi qui a rapidement pris de l’ampleur et qui lui aura au final permis d’amasser 1500 $ pour l’Association des proches des personnes atteintes d’une maladie mentale de l’Estrie (APPAMME).

« C’était au départ un défi personnel que je me suis lancé. Environ au 35e jour, l’un de mes amis m’a proposé de récolter des dons pour un organisme, ce qui aiderait directement le milieu. À partir du cinquantième jour donc, j’ai commencé à courir pour l’APPAMME », explique M. Caron.

Ainsi donc, après avoir fait face à une séparation difficile en raison de sa dépendance affective, le coureur s’est donné comme défi de parcourir cinq kilomètres chaque jour, pendant 100 jours. Son épopée a débuté à la mi-avril.

« Il y a des moments où ce n’était pas facile. Courir cinq kilomètres, ce n’est pas si difficile, mais le faire chaque jour, 100 fois d’affilée, c’est quelque chose. Toutefois, à chaque moment où je doutais ou je voulais abandonner, je me disais de le faire pour quelqu’un avec qui je n’ai pas été correct en raison de ma maladie », soutient le Sherbrookois.

L’activité physique représentait pour Benoît Caron la meilleure manière possible de commencer sa guérison. « Autant au niveau physique que mental, j’ai vu une différence. J’ai perdu 35 livres, j’ai gagné du cardio, mais, de manière plus importante, je me sens mieux dans ma tête et j’ai compris pourquoi et comment mes gestes passés ont affecté la vie de personnes que j’aimais. »

Ses torts, Benoît Caron est loin de les renier. « Je suis conscient de ce que j’ai fait. Mon objectif est de devenir une meilleure personne pour mon entourage. C’est un travail quotidien, mais j’ai déjà beaucoup appris et je suis déjà une meilleure personne, même s’il reste du chemin à parcourir », indique l’enseignant à l’école du Triolet.

Cette reconnaissance de ses erreurs aura valu à M. Caron, en plus d’un pas en avant dans sa vie personnelle, des félicitations de certains acteurs du milieu politique et de la santé mentale.

« La première étape est de nommer les choses. D’être capable de reconnaître comme Benoît a fait inspirera probablement d’autres personnes à identifier leurs problèmes et demander de l’aide », estime la directrice de l’APPAMME, Rachel Miron.

« C’est une grosse épreuve, la maladie mentale, et de la surmonter comme vous l’avez fait en redonnant au suivant est une très bonne chose », a affirmé le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, en s’adressant à Benoît Caron.

M. Caron a remis un don de 1500$, amassés grâce à des contributions citoyennes lors des 50 derniers jours de son défi, à la directrice de l’APPAMME, Rachel Miron.

Un don qui fera du bien

Pour l’APPAMME, les 1500 $ amassés arrivent à point, notamment en raison de la forte augmentation des demandes en santé mentale durant la pandémie, ce qui aura causé beaucoup de pression sur les membres de l’équipe. Rappelons que l’association travaille à aider et accompagner les familles de gens vivant avec une maladie mentale.

« 1500 $ est un très très beau montant pour nous, qui va beaucoup nous aider. Pour le moment, nous n’avons pas encore décidé ce que l’on fera avec, mais il serait intéressant d’offrir des formations et des conférences », note Mme Miron.

« Je suis très content de la générosité des gens. Comme c’est parti d’un projet personnel, je me serais contenté d’amasser 200 ou 300 $. mais 1500 $, c’est fou ! », croit quant à lui Benoît Caron, en signifiant à Mme Miron qu’il comptait offrir ses services de conférencier dans l’avenir.