Jean-Guy Bolduc a été reconnu coupable, vendredi, par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec des abus sexuels commis entre 1972 et 1983 à divers endroits en Estrie sur la victime Caroline Labrecque. La Tribune, René-Charles Quirion
Jean-Guy Bolduc a été reconnu coupable, vendredi, par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec des abus sexuels commis entre 1972 et 1983 à divers endroits en Estrie sur la victime Caroline Labrecque. La Tribune, René-Charles Quirion

Coupable d’avoir abusé de sa sœur adoptive pendant plus d’une décennie

Jean-Guy Bolduc de Sherbrooke a été reconnu coupable de gestes à caractère sexuel sur sa sœur adoptive dont il était de 24 ans l’aîné.

L’homme de 77 ans a été reconnu coupable, vendredi, par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec des abus sexuels commis entre 1972 et 1983 à divers endroits en Estrie sur la victime Caroline Labrecque.

« Vous aurez certainement compris que sur le premier chef d’accusation d’attentat à la pudeur, en l’absence d’éléments crédibles et fiables au contraire, le témoignage de madame Caroline Labrecque ainsi que la preuve me convainquent hors de tout doute raisonnable que vous vous êtes livrés à des attouchements de nature sexuelle sur celle-ci et ce à plusieurs reprises, sans toutefois pouvoir en quantifier le nombre alors qu’elle était âgée entre 4 et 14 ans », a déterminé la juge.

Debout devant le tribunal, Bolduc a accueilli le verdict de culpabilité sur l’accusation d’attentat à la pudeur sans broncher. 

Il a été acquitté des gestes de grossière indécence et d’une agression sexuelle, mais trouvé coupable des gestes à caractère sexuel d’attentat à la pudeur.

Jean-Guy Bolduc a écouté attentivement le récit des gestes dont il a été reconnu coupable au palais de justice de Sherbrooke.

« C’est épouvantable », a marmonné Bolduc, lors du récit des gestes sexuels qu’il était accusé d’avoir fait.

À certains moments, il niait de la tête les gestes sexuels narrés par la juge à partir du témoignage de Caroline Labrecque.

« Témoignage clair et précis »

La fiabilité et la crédibilité du témoignage de la plaignante Caroline Labrecque étaient entre autres au cœur du débat judiciaire.

« Madame Labrecque a livré un témoignage clair, précis et convaincant qu’elle a été abusée sexuellement (...) Son témoignage, sans être parfait, a toutefois été empreint d’authenticité notamment lorsqu’elle a raconté avec émotion ce qu’elle a ressenti lors des différentes agressions », souligne la juge.

Les évènements en cause se sont déroulés au domicile de Bolduc à Sherbrooke, au camping Prévert à Birchton dans le Haut-Saint-François, à une résidence louée par l’accusé à Ascot Corner ainsi qu’à la maison de ses parents.

Bolduc répétait « chut chut chut » à la victime pour la faire taire lors des agressions sexuelles. La preuve reposait en grande partie sur le récit des gestes subis par Caroline Labrecque qui a décrit les lieux où se sont déroulés les gestes.

« Il apparait normal qu’un enfant ne se souvienne pas de tous les détails (...) Dans l’ensemble de la preuve, il est clair que le témoignage n’est pas d’invention récente. Rien n’accrédite la thèse qu’elle ait pu vous faire accuser par vengeance ou tenter d’induire le tribunal en erreur », affirme la juge Desgens.

Bolduc était marié et père de trois enfants au moment des gestes.

C’est à la suite du décès de son père que Caroline Labrecque a porté plainte au Service de police de Sherbrooke en 2017.

La juge a rappelé que les abus avaient été manifestés à des frères de Bolduc au fil du temps.

Soutenue par le chien d’assistance du Service de police de Sherbrooke, Caroline Labrecque a gardé les yeux au sol vers Kanak en le flattant à certains moments du récit des gestes.

L’avocat de la défense Me Benoit Gagnon, de l’aide juridique, et la procureure aux poursuites criminelles, Me Laïla Belgharras, fixeront les observations sur la peine 16 décembre.

Le frère de l’accusé, René Bolduc doit subir son procès devant jury pour des gestes allégués sur cette même plaignante dès lundi 9 décembre.