Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a de la difficulté à remplacer le personnel de bureau, notamment ceux qui sont directement en contact avec la clientèle comme à l’accueil dans les urgences.

Coup dur pour 40 syndiqués du CIUSSS

Une erreur administrative a causé la déception chez une quarantaine d’employés administratifs du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui se sont vus offrir des postes avant que les erreurs soient découvertes et que les nominations soient donc annulées.

« Frustration, amertume... Ce sont des émotions qui sont au rendez-vous chez les employés qui avaient pris les dispositions pour commencer le 13 octobre à leur nouveau poste. Le CIUSSS ne traite pas bien ses employés. Ils vont perdre beaucoup de gens à nous traiter comme ça », clame une employée qui préfère garder l’anonymat.

À la suite de la mise en place des nouvelles conventions collectives, l’équipe de la dotation a effectivement mis en place un registre de postes, qui, en fait, est une nouvelle façon d’octroyer des postes. Ce nouveau processus a été récemment utilisé pour la première fois.

« À la suite de notre négociation collective locale, nous avons complètement modifié les règles d’affichage pour les nouveaux postes. Or on savait que le temps entre la signature de la convention, le 31 mars, et la première utilisation du registre de postes, le 21 mai, était court et que ça mettrait beaucoup de pression sur le service de dotation, où ce sont aussi nos membres qui travaillent. L’employeur a quand même décidé de procéder. Résultat, des erreurs ont été commises », déplore Vicky Ouellet, présidente du Syndicat du personnel administratif du CIUSSS de l’Estrie-CHUS-CSN et qui représente les 2400 membres du personnel de bureau, des techniciens et des professionnels de l’administration.

« Sur environ 200 nominations de postes administratifs, 40 ont dû être modifiées. Par exemple, des personnes ont été nommées sur des postes qui n’auraient pas dû être affichés. Cette situation a eu un effet domino sur plusieurs personnes. Nous avons discuté de cette situation avec notre partenaire syndical et chaque personne visée a reçu un appel personnalisé afin de bien lui expliquer la suite des choses », explique Geneviève Lemay, porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Au final, les personnes touchées sont demeurées à leur situation initiale (ancien poste, affectation ou liste de rappel). De nouvelles nominations de postes débuteront en octobre et ces personnes pourront postuler si elles le désirent. L’équipe de dotation a identifié les sources de cette fâcheuse situation et des solutions structurantes ont été mises en place pour éviter qu’elle ne se reproduise », ajoute Mme Lemay.

Pour le syndicat, la situation demeure difficile à accepter. « Pour nos membres, c’est difficile », soutient Vicky Ouellet.

Car s’il est beaucoup question des heures supplémentaires pour les infirmières et les préposés aux bénéficiaires, le personnel de bureau n’est pas épargné pour autant. « Il y a beaucoup de demandes pour du temps supplémentaire. Nous sommes très sollicités », précise la présidente du syndicat.

« Cet été, les demandes de congés étaient refusées presque systématiquement. Les gens sont fatigués, tannés. Pour le personnel de bureau, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS n’est pas un employeur unique. Il y a plusieurs employeurs qui recherchent du personnel de bureau. Il y a des gens qui partent, il y en a d’autres qui vont partir », ajoute-t-elle.

Vicky Ouellet prévoit que la semaine du 13 octobre sera difficile. Sur ses 2400 membres, environ une centaine vont changer d’emploi le même jour.

« Dans certains cas, la nouvelle titulaire d’un poste pourra avoir une semaine d’orientation s’il y avait quelqu’un de la liste de rappel sur sa chaise et qu’elle est restée là, par exemple, mais si la personne qui occupait le poste a elle aussi obtenu un poste ailleurs, alors il n’y aura personne pour l’orientation, étant donné que tout le monde change de poste le même jour », clame Mme Ouellet.