Les personnes ayant perdu leur emploi pourraient donner un coup de main aux organismes communautaires qui verront les demandes s’accentuer au cours des prochaines semaines.
Les personnes ayant perdu leur emploi pourraient donner un coup de main aux organismes communautaires qui verront les demandes s’accentuer au cours des prochaines semaines.

Coup de pouce pour les organismes

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Les organismes communautaires pourraient recevoir un coup de pouce du gouvernement québécois, a annoncé en point de presse le premier ministre, François Legault. Comme beaucoup de bénévoles ont plus de 70 ans, cela permettrait aux organismes d’engager des personnes ayant perdu leur emploi pour pallier les besoins.

Dans son point de presse de samedi, le premier ministre a entre autres cité l’exemple des popotes roulantes, qui servent de la nourriture aux aînés. « Dans mon comté, ce sont des policiers retraités qui s’occupent de la popote roulante, a-t-il expliqué. Beaucoup ont plus de 70 ans. Ils ne sont plus là pour aller livrer de la nourriture à ceux qui en ont de besoin. »

« On est en train, avec Isabelle Charest [ministre déléguée de l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine], de voir comment on peut augmenter le financement de certains organismes pour qu’on puisse, dans certains cas, remplacer les bénévoles par des gens qu’on pourrait embaucher, a-t-il poursuivi. On sait que beaucoup de gens ont perdu leur emploi, donc de voir comment on peut les aider à mieux servir les personnes plus vulnérables. »

En Estrie

En Estrie, le directeur de la CDC, Christian Bibeau, qualifie l’idée d’« intéressante », mais il attend de voir les modalités. « Tout le monde ne s’embauche pas n’importe comment, relativise-t-il. Il y a des temps de formation à prévoir et tout le processus de sélection, mais sur le fond, de vouloir soutenir les organismes communautaires qui font face à cette situation, c’est très intéressant. »

« On souhaite un maximum de soutien pour venir nous aider à répondre aux besoins sur le terrain », enchaîne-t-il.

En Estrie, le directeur de la CDC, Christian Bibeau, qualifie l’idée du gouvernement Legault d’« intéressante », mais il attend de voir les modalités.

Quels organismes en région sont les plus touchées par cette crise isolant les gens de 70 ans et plus? « De nommer la Popote roulante, c’est un bon indicateur, répond M. Bibeau. C’est l’une des plus grosses organisations au Canada où il y a un bon nombre de bénévoles de plus de 70 ans. Il y a d’autres organisations dans la même situation. Quand on va travailler près des aînés, ce sont souvent des aînés qui vont donner du temps. De manière générale, le bénévolat est souvent effectué par des gens retraités. »

Pour le directeur de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Sherbrooke, cette annonce en point de presse constitue une surprise. « On s’attendait à des formes de soutien, des demandes ont déjà été faites. Il faudra voir comment ça va se matérialiser sur le terrain. Mais ça arrive comme une proposition surprise. On pourrait parler d’une reconnaissance du gouvernement et des différents ministères », se réjouit-il. 

D’ailleurs, en Estrie, les organismes communautaires se mobilisent et planifient les prochains jours. « On sait que les besoins seront grandissants dans les prochaines semaines. Il y a tout un réseau qui se met en place pour qu’on soit prêts à répondre au moment où on sera au pic de la crise », assure Christian Bibeau. 

De l’aide pour la Popote roulante

Le directeur général de Sercovie, qui chapeaute la Popote roulante, Rémi Demers, rappelle que le défi actuellement est de remplacer les bénévoles de 70 ans et plus, qui constitue environ 50 % des bénévoles. « On va pouvoir compter sur la disponibilité de professionnels du réseau de la santé pour nous aider à la livraison à compter de lundi, annonce-t-il. Ça fait une grosse différence. Chez nous, comme toutes les activités sont annulées sauf la popote roulante. Notre personnel administratif, nos kinésiologues et notre personnel locataire se sont mobilisés pour préparer et livrer les repas. »

Le directeur général de Sercovie, qui chapeaute la Popote roulante, Rémi Demers, rappelle que le défi actuellement est de remplacer les bénévoles de 70 ans et plus, qui constitue environ 50 % des bénévoles.

« C’est une bonne nouvelle, pense M. Demers. Cette crise engrange une perte de revenue pour un organisme comme Sercovie avec la Popote roulante. On a beaucoup de repas en cafétéria, entre 100 et 200 par jour. On n’offre plus ce service, alors c’est une perte entre 1000 et 1500 $ par jour. »

En tant que conseiller municipal, M. Demers salue l’initiative du gouvernement Legault. « Je pense que les gens sont en mode entraide. À la Ville de Sherbrooke, on travaille en collaboration avec différents organismes et regroupements, comme la CDC et la CDEC et le Centre d’action bénévole et le ROC. Il faut regarder de quelle façon on peut être en appui au maximum à nos organismes. Ils ont un rôle de première ligne qui est très important à jouer », dit celui qui salue le travail du Comité de sécurité publique.

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Des ressources pour les commerçants

Le président de Commerce Sherbrooke, Rémi Demers, invite les gens d’affaires à consulter le site de l’organisation où il y a un lien concernant le coronavirus. « C’est une page spéciale avec les différentes ressources au service de nos commerçants qui vivent une crise sans précédent. J’invite aussi la population, dans la mesure du possible et à l’intérieur des consignes gouvernementales, à soutenir les commerçants d’une façon quelconque. On a un défi collectif, mais je vois une belle solidarité », demande le conseiller. Les ressources peuvent être trouvées au commercesherbrooke.com/covid-19/