Cette portion de la rue Galt Ouest posait particulièrement problème, après l’aménagement d’un corridor cyclable temporaire, en raison du manque d’espace pour les poubelles et le stationnement sur rue.
Cette portion de la rue Galt Ouest posait particulièrement problème, après l’aménagement d’un corridor cyclable temporaire, en raison du manque d’espace pour les poubelles et le stationnement sur rue.

Corridors cyclables sur Galt : un risque accru pour les piétons et les écoliers

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le rapport du Service de police de Sherbrooke (SPS) présenté à la dernière minute aux élus, au conseil municipal du 17 août, laisse peu de doutes sur la panoplie de lacunes entourant l’aménagement temporaire de corridors cyclables sur la rue Galt. « Il nous apparaît évident que la situation présente augmente les risques d’accident sans compter l’augmentation de la circulation lors de la fin des vacances scolaires », écrit le policier Réal Hétu dans le document obtenu en vertu de la loi d’accès à l’information.

Les élus, à l’exception d’Annie Godbout, Karine Godbout et Évelyne Beaudin, avaient opté pour un démantèlement rapide des corridors, qui étaient délimités par des cônes orange.

Le document laisse transpirer plusieurs problèmes que la Ville n’avait pas anticipés, mais démontre que le projet-pilote aura rempli son rôle d’identifier les enjeux à prendre en compte pour l’aménagement d’une piste cyclable sur la rue Galt. On arrive à la conclusion que les dangers observés alors qu’il y avait peu d’automobiles et peu de vélos sur la route seraient beaucoup trop grands au moment de la rentrée scolaire. « Avec la rentrée, nous prévoyons des problèmes de congestions automobiles importants et un risque accru pour la sécurité des piétons et des écoliers en raison d’un problème de visibilité. »

On relève que des traverses d’écoliers avec brigadier se trouvent sur les parcours des pistes cyclables temporaires et que l’abondance de la signalisation amène un risque élevé de distraction. « Les cônes risquent d’être déplacés par les étudiants, causant des situations dangereuses », lit-on encore. 

Le conseiller Paul Gingues rapportait avoir eu de nombreuses plaintes par rapport à la piste cyclable et le maire Steve Lussier disait qu’il s’agissait d’un pas en arrière pour faire deux pas en avant. 

La présidente du comité de la sécurité publique, Danielle Berthold, avait déjà cité le rapport, qui n’était pas encore public, en mentionnant des problèmes de visibilité pour les piétons, la présence des poubelles dans la piste cyclable et les arrêts d’autobus qui provoquaient de la congestion. Elle relevait aussi des automobilistes qui circulaient dans le corridor cyclable. 

D’autres problèmes sont soulevés dans le rapport, dont un accident avec blessé mineur, survenu à l’intersection des rues Galt Est et Murray, où la circulation était dense et ralentie par le retrait d’une voie pour le corridor cyclable. La distraction a entraîné une collision.

La Ville a mis sur pied un comité pour analyser la meilleure façon de développer les pistes cyclables à Sherbrooke.

Une collision évitée de justesse

Sur la rue Galt Ouest, un cycliste qui tentait de contourner une poubelle couchée a évité une collision de justesse. Au coin des rues Belvédère et Rand, un camion était incapable de tourner, faute d’espace.

Il s’agit d’ailleurs d’un argument qui revient pour le secteur Galt-Bowen. Le retrait d’une voie de virage vers la rue Pacifique, dans l’ouest, entraînait aussi des conflits entre les automobilistes.

Un comité comptant de nombreux intervenants, dont le président du comité de mobilité durable de Sherbrooke, Marc Denault, devait être mis sur pied pour réfléchir au développement des pistes cyclables. Le principal intéressé a demandé une résolution du conseil municipal pour éclaircir le mandat du comité, auquel siègeront des représentants de Vélo Urbain Sherbrooke, de la Chambre de commerce de Sherbrooke, de Commerce Sherbrooke et du Conseil régional de l’environnement, entre autres.

« Il y avait toujours une zone grise pour savoir qui s’occuperait des pistes cyclables. Maintenant, on n’arrivera pas à la dernière minute, quand un programme de subvention sera ouvert, sans savoir quel projet présenter. On va se donner une vision commune et consulter les marchands en amont. »

M. Denault espère une première rencontre en septembre pour avoir des recommandations au moment d’élaborer le budget 2021.

Danielle Berthold, elle, considère le rapport du SPS comme un outil de travail extraordinaire. « On comprend qu’on n’aurait pas dû faire les corridors cyclables si vite. Le rapport nous donne des faits pour mieux analyser des solutions. »