Les employés de La Tribune, dont le président du syndicat Alain Goupil, ont voté en assemblées pour octroyer 50 000 $ au projet de coopérative.

Coopérative La Tribune: le syndicat donnera 50 000 $

Le syndicat de La Tribune octroiera 50 000 $ à la coopérative de solidarité formée par les employés du journal dans l’éventualité où celle-ci voyait le jour.

Cependant, si l’offre d’un autre repreneur était retenue, le montant demeurerait dans la caisse du syndicat.

« C’est le résultat d’un beau compromis, indique le président du syndicat des employés de La Tribune, Alain Goupil. Ça envoie le message que les employés veulent participer à la relance du journal. Il y a une clause qui permet de remettre le 50 000 $ au syndicat si c’est un privé qui devient propriétaire le 6 novembre. À ce moment, ça respecte les positions d’Unifor. La coopérative a toujours été une option. »

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Selon lui, les employés avaient le goût de participer à la relance du journal. « Au moment où cette décision a été prise, la seule entité qui s’est montrée intéressée à reprendre les journaux, c’est le mouvement coopératif. C’est important de montrer la volonté de contribuer au modèle coopératif, mais de ne pas se fermer à la possibilité que le 6 novembre, un propriétaire privé puisse être choisi par la Cour supérieure pour acheter les journaux », exprime le journaliste.

D’autres journaux du Groupe Capitales Médias ont donné de plus gros montants au mouvement coopératif. Le syndicat du Soleil a déboursé quelque 150 000 $, tandis que celui du Quotidien a accordé 125 000 $. La Voix de l’Est a également donné 70 000 $.

M. Goupil explique que le montant est moindre, mais que le message est le même. « Unifor n’a pas la même structure de financement que les autres syndicats du reste du groupe. C’est strictement une question de structure de financement liée à la section locale et non pas un manque de volonté. Il ne faut pas interpréter le 50 000 $ en termes de volonté. C’est ce qu’on pouvait donner au moment où on se parle. L’effort consenti n’est pas moindre », affirme le président du syndicat, ajoutant que les membres avaient la possibilité de donner le montant de leur choix dans une fourchette proposée par l’exécutif. 

« Et c’est le montant maximum qui a été choisi », renchérit-il.

Cependant, le processus n’a pas été unanime. « Des gens craignent pour leur emploi. Le processus mis en place leur permettait d’exprimer cela. On a rencontré tous les employés par département. On tenait à ce que le processus de consultation soit très près des gens pour qu’ils puissent exprimer leurs opinions. Le processus a permis à certains de dire qu’ils étaient inquiets par rapport à leur emploi. Le dénominateur commun, c’est que personne ne souhaite que La Tribune ferme. Pour certains, c’est plus difficile à accepter quand une perte d’emploi leur pend au-dessus de la tête. »

Les 50 000 $ viennent du fonds de la section locale 1910, qui compte tous les employés syndiqués des différents départements de La Tribune.

« 290 “ je t’aime ” »

En date de jeudi, 290 Estriens s’étaient engagés à verser 43 585 $ si le modèle coopératif était celui choisi. D’autres dons ont été récoltés au Salon du livre de l’Estrie cette fin de semaine, où des employés s’étaient déplacés pour expliquer le concept aux citoyens.

« Ça serait merveilleux d’avoir 50 000 $. La communauté aurait mis la même somme que le syndicat. Ce serait symbolique », indique la journaliste Mélanie Noël, rappelant que les citoyens sont invités à contribuer au https://coopmonjournal.com/la-tribune/.