Le promoteur Luc Élias travaille à la préparation de son terrain au coin des rues Dunant et Thibault. Il n'est pas encore acquis qu'il s'agira d'une station-service, puisque le terrain est à vendre.

Coin Dunant et Thibault : le promoteur du projet ne reculera pas

Le promoteur de la station-service au coin des rues Dunant et Thibault, Luc Élias, le même qui prévoit la construction de 1700 unités d'habitation dans le Carré Belvédère, n'entend pas reculer devant les pressions citoyennes. Il estime avoir été conciliant et que ses projets respectent toutes les normes en vigueur.
Rappelons qu'une chaîne humaine s'est formée samedi autour du terrain de M. Élias pour dénoncer les travaux qui s'y déroulent.
« Quoi qu'on fasse au coin Dunant et Thibault, il faut préparer le terrain. Le dynamitage était inévitable. Le terrain, pour le moment, est à vendre. J'ai présenté un projet de station-service et j'ai une offre à l'étude, mais il n'y a rien de confirmé », commente-t-il.
M. Élias rappelle comment il a obtenu ce lopin de terre, en échange de terrains à Rock Forest, le long du futur boulevard René-Lévesque. « Il y a eu un échange de terrains entre la Ville de Sherbrooke et moi et la Ville a été drôlement avantagée. Quand j'ai eu ce terrain, il était commercial. Je n'ai pas fait cet échange de gaieté de coeur, mais j'ai développé à Rock Forest pendant 20 ans. Le coin de l'école C sera un super beau secteur, avec des parcs et des terrains de soccer. J'ai donc accepté. Quand j'ai eu le permis de construction, je n'aurais jamais pensé que ça soulèverait des problèmes. »
Luc Élias y voit des manoeuvres politiques pour faire connaître une candidate en prévision des prochaines élections.
« Les citoyens disent que la Ville ne les écoute pas, mais ce n'est pas vrai. Elle n'écoute peut-être pas ce que ceux-là veulent. Mais sur à peu près tous les comités à la Ville, il y a des citoyens. Je suis très, très insulté. J'ai toujours marché droit et j'ai souvent eu des félicitations pour mes projets. J'ai eu huit rencontres avec les citoyens jusqu'à maintenant et nous avons beaucoup de points en commun. Nous faisons un super projet pour le secteur du mont Bellevue, qui a besoin d'un rafraîchissement commercial. Mais personne n'en veut comme voisin... À partir du carrefour giratoire de la 410, on veut faire quelque chose de beau et donner aux gens le goût d'habiter dans le secteur. »
M. Élias rapporte avoir modifié le projet du Carré Belvédère une dizaine de fois, notamment pour protéger une partie d'une prucheraie centenaire. « C'est la Ville qui a décidé où serait le parc. Il n'y a pas de règlement provincial qui demande de protéger des forêts comme celle-là. Nous en protégeons 69 %. Il est aussi question de milieux humides, mais 95 % des projets comportent des milieux humides. »
Le promoteur déplore par ailleurs que la Ville ait interdit aux journalistes d'accéder à la séance d'information du 20 juin portant sur le Carré Belvédère. « Je n'étais pas au courant. Je ne pense pas que c'est une bonne idée. Ça donne l'impression qu'on a quelque chose à cacher. »
Le maire Bernard Sévigny, pour sa part, a bien entendu les manifestants. « Le permis est délivré. S'il fallait l'annuler, nous serions entraînés dans autre chose. Nous ne sommes pas dans des discussions pour revenir en arrière à ce moment-ci. Il faut être à l'écoute des citoyens, mais être à l'écoute ne veut pas nécessairement dire qu'on revient en arrière. On comprend qu'il y a des appréhensions, des inquiétudes. Des projets de cette nature, on en gère souvent sur le territoire de la Ville de Sherbrooke. Quand il y a des réactions, on essaie de donner l'information adéquate de façon à rassurer les gens », dit-il.