Climat de travail tendu au Musée des Beaux-Arts

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
Considérant assister à une dégradation des relations de travail et subir des représailles, les employés du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke se syndiquent. Le climat semble être très tendu.

Le 29 octobre, le Tribunal administratif du travail a émis le certificat d’accréditation qui leur permet de créer leur syndicat regroupant 12 membres, annonce la CSN.

La démarche de syndicalisation a débuté en septembre dernier «en raison d’une dégradation importante des relations de travail». Certains employés ont déposé des plaintes de harcèlement psychologique à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) afin de se plaindre du comportement de la direction, déplore le syndicat. 

Au cours de la démarche de syndicalisation, l’employeur n’a pas hésité à congédier une militante en signe de représailles antisyndicales. En réponse à ces attaques, plusieurs plaintes ont été déposées au Tribunal administratif du travail pour forcer l’employeur à respecter la loi, clame Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE-CSN).

Ce dernier s’est présenté au musée sur l’heure du dîner pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux membres de la CSN et pour soutenir le syndicat face à ces attaques, mentionne un communiqué de presse diffusé mardi en fin d’avant-midi.

« C’est une bonne nouvelle d’accueillir les employés du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke dans nos rangs», dit-il.

«Malheureusement, le comportement de la direction est odieux et elle doit savoir que la CSN va défendre ses membres jusqu’au bout ! La CSN est une organisation combative et la direction du musée va vite s’apercevoir qu’il ne sera plus possible d’intimider les employés sans conséquence. » 

Denis Beaudin

La mise sur pied du syndicat marque une nouvelle étape pour les employés du Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke. Le syndicat va tenir sa première assemblée générale le soir du 22 novembre 2018. Lors de cette réunion, les membres adopteront leurs statuts et règlements et ils éliront leurs représentantes et leurs représentants. À la suite de cette première assemblée, le syndicat pourra entamer les démarches pour négocier sa première convention collective avec l’employeur.

La Fédération nationale des communications (FNC-CSN) est de plus en plus présente auprès des travailleurs œuvrant dans les musées. « Nous sommes présents dans les musées depuis longtemps et la CSN a développé une grande expertise dans le milieu culturel», lance Pascale St-Onge, présidente de la FNC-CSN.

«Dans la région de l’Estrie, il s’agit du second syndicat d’employés œuvrant dans les musées à rejoindre la CSN. Cette réputation pousse de plus en plus de travailleuses et de travailleurs de ces secteurs à nous rejoindre.»