CIUSSS de l'Estrie : moins d'employés malades

EXCLUSIF / Neuf cents employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS touchaient de l’assurance-salaire en date du 10 décembre dernier. Ils étaient 1200 employés malades à la fin de l’été. Le nombre de personnes malades s’améliore depuis quatre périodes (16 semaines) au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, mais « la situation demeure fragile ».

« À la direction, nous travaillons à mettre en place des indicateurs qui nous permettent de nous donner des cibles à atteindre », indique Josée Paquette, la directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

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« Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, il y a deux indicateurs dont on parle beaucoup et qui subissent toujours une pression à la hausse : le temps supplémentaire et le taux d’assurance-salaire.

« Quand le temps supplémentaire augmente, les gens sont plus à risque d’avoir recours à l’assurance-salaire, et quand les gens partent en assurance-salaire, il y a plus de pression sur le reste de l’équipe… Ces deux indicateurs se nourrissent un et l’autre », met en lumière Mme Paquette.

La situation des infirmières et des préposés aux bénéficiaires l’illustre bien d’ailleurs.

La direction des ressources humaines au CIUSSS de l’Estrie-CHUS est « très préoccupée » par la santé globale de ses employés et est engagée à faire la différence par « toutes sortes d’actions structurantes ».

« Dans un contexte de rareté de la main-d’oeuvre, c’est l’ensemble de nos employés qui subit des impacts, car tout le monde est appelé à travailler dans des équipes où il manque du personnel », précise-t-elle.

Josée Paquette, directrice des ressouces humaines, des communications et des affaires juridique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Dans un premier temps, la direction vise à atteindre un taux d’assurance-salaire de 7 % (sur le total de ses heures travaillées). Mais pour que ces statistiques deviennent plus précises, on essaiera dans la prochaines années de laisser tomber les pourcentages pour parler plutôt en termes d’individus. Cette personnalisation aidera à mieux cerner la situation. « Après tout, on travaille avec des humains, pas avec des chiffres », soutient Mme Paquette.

« À la fin de l’été, nous avions 1200 employés en assurance-salaire. Il y a deux semaines, nous étions à 900. Nous sommes sur une courbe descendante depuis quatre périodes (NDLR : 16 semaines), mais nous savons que c’est une situation qui reste fragile », dit-elle.

Que s’est-il passé pour qu’environ 300 personnes reviennent au travail en quelques mois?

Plusieurs actions ont été posées dans le cadre du projet de santé globale de l’organisation.

« Nous avons identifié les secteurs les plus vulnérables et nous avons apporté du soutien aux gestionnaires, qui font beaucoup d’interventions auprès de leurs employés », dit-elle en exemple.

« Chaque direction pilote ces deux indicateurs que sont le temps supplémentaire et l’assurance-salaire avec beaucoup de vigilance. Ramener au travail une personne qui a été absente, ce n’est pas seulement un papier du médecin : c’est aussi l’accueil, comment on va la réintroduire. On essaie aussi de trouver des solutions à des enjeux.

« Récemment, un directeur adjoint a fait une rencontre dans un de ses services, car il avait été mis au courant qu’il y avait des enjeux qui perduraient. Il y avait deux personnes en assurance-salaire et il a beaucoup insisté pour que ces personnes-là viennent à la rencontre. Il a dit qu’il était bien conscient de telle et telle choses, et a présenté ce qu’il s’engageait à faire pour améliorer la situation. Une des deux personnes est venue le voir après et elle lui a dit qu’elle était tellement rassurée qu’elle allait demander un retour progressif à son médecin. Je pense qu’il y a eu des situations où les gens avaient l’impression d’être dans un cul-de-sac et quand les employés comprennent qu’on s’en occupe, ça leur fait du bien », illustre Josée Paquette.

Or 900 employés sur 18 000 en assurance-salaire, ça fait encore beaucoup de gens malades. « De ce nombre, environ 50 % sont en assurance-salaire pour des raisons physiques. On considère qu’on a moins de contrôle sur cet aspect, même si on continue aussi de travailler en prévention et qu’on cherche à offrir des milieux de travail sécuritaires. Mais pour les autres, nous nous sommes engagés à trouver des solutions pour chacun des enjeux afin d’offrir des milieux de travail agréables. Nous sommes conscients que notre contexte actuel offre un environnement de travail qui demande beaucoup de vigilance, des investissements supplémentaires chaque jour de la part de nos employés qui travaillent dans des équipes réduites et qui ont quand même des services à offrir. On est conscients de ça et on l’apprécie! » ajoute-t-elle.

Par ailleurs, soulignons que le nombre d’employés qui reçoivent des prestations de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) sont en diminution également. Il y a deux semaines, il y avait 91 employés en arrêt de travail à la suite d’un accident de travail.