L’enseignant d’éthique Richard St-Laurent et ses élèves de 4e secondaire au Séminaire de Sherbrooke marcheront mardi pour demander que la règlementation des armes à feu demeure inchangée. Justin Valiquette, Mathis Hanel et Michel Compagna seront notamment de la partie.

Citoyens sans armes : militer pour rester en sécurité

Les élèves de 4e secondaire du Séminaire de Sherbrooke s’estiment chanceux d’évoluer dans une société sécuritaire. Ce jeudi, chez nos voisins du sud, on comptait déjà 107 fusillades de masse pour l’année 2018.

Dans le cadre de leur cours d’éthique, ces élèves parcourront les rues de Sherbrooke mardi avec leur mouvement Citoyens sans armes, qui demande à ce que rien ne change quant au port d’armes à feu au Canada.

« C’est encore plus pertinent cette année à cause des tueries qui se sont passées récemment », dit Richard St-Laurent, enseignant d’éthique en 4e secondaire et organisateur de cette marche. Il évoque la récente fusillade de Santa Fe ainsi que celle de février dernier qui a frappé une école de la Floride.

Quelques-uns de ses élèves se sont confiés à La Tribune en lien avec la cause défendue par cette marche.

« Les gens ne réalisent pas. On se dit toujours que ça ne peut jamais nous arriver, mais ça pourrait arriver dans un futur où les règles seraient assouplies. On n’est pas si différents des Américains », confie Justin Valiquette.

Celui-ci ajoute que sa famille est déjà passée près de déménager au sud de la frontière pour le travail. Parmi les raisons qui les ont convaincus de rester ici : la sécurité.

Les élèves savent que le danger n’est pas non plus inexistant au Canada. L’attentat à la mosquée de Québec de janvier 2017, ils s’en souviennent très bien.

« C’est choquant de savoir qu’on peut se lever un matin et que ça peut nous arriver. Ce n’est pas sur une autre planète ou sur un autre continent, c’est tout près de chez nous », dit Mathis Hanel.

Le système n’est pas parfait, selon Richard St-Laurent, mais l’essentiel à retenir est que ses élèves et lui ne souhaitent pas voir les citoyens en droit de s’armer en public.

« On ne fait pas cette marche-là contre les armes à feu, mais pour la réglementation. Il y a des clubs de tirs, de chasse, c’est correct et c’est fait pour ça. On pense juste que les armes ne devraient pas être portées sur nous », souligne l’élève Michel Compagna.

Richard St-Laurent a à cœur la préparation de ses élèves pour la vraie vie. « J’espère juste qu’ils réalisent l’impact qu’ils auront comme citoyens adultes, ils peuvent déjà en avoir comme citoyens mineurs », dit-il.

« De se faire inculquer ce genre de valeurs là à notre âge, c’est le genre de chose qu’on va pouvoir faire évoluer au fil de notre vie et défendre des choses qui, selon moi, sont très importantes. La sécurité et la vie, c’est la base de tout », confie Mathis Hanel.

Lui et ses camarades affirment avoir été concernés par cet enjeu de sécurité civile même avant que M. St-Laurent l’aborde avec eux. Ils se réjouissent de pouvoir s’engager concrètement à ce sujet.

« Je pense que ça a un plus gros impact quand c’est des jeunes qui marchent. Les adultes se rendent compte que nous aussi, on est sensibilisés. Ça touche un peu tout le monde », lance Michel Compagna, qui est aussi responsable de réaliser une vidéo de la marche et de la partager sur les réseaux sociaux.

Toute la population est invitée à participer à la marche, durant laquelle les élèves distribueront également des brochures défendant leur cause. Deux classes de 2e secondaire du Séminaire prévoient également emboîter le pas mardi, ce qui fera s’élever le nombre de participants à au moins 150.

Le départ se fera à 14 h, précédé par une prise de parole du député Pierre-Luc Dusseault dans la salle du premier cycle, à 13 h 45.