De 2011 à 2016, le nombre de suicides a chuté en Estrie, selon les données sur la mortalité par geste volontaire de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Chute du nombre de suicides en Estrie

De 2011 à 2016, le nombre de suicides a chuté de façon importante en Estrie, selon les données les plus récentes sur la mortalité par geste volontaire de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

En 2016, on a répertorié 64 cas, une forte diminution par rapport à l’année précédente (72) et en 2014 (74). En 2012, on avait atteint un malheureux sommet avec 78 suicides dans la région.  

La tendance estrienne suit en fait celle observée au Québec de 2011 à 2016. Le nombre de suicides a continué à diminuer au Québec en 2016, selon des données dévoilées jeudi.

Il y a en effet eu 104 suicides de moins qu’en 2015, pour un total de 1046 décès selon ce que rapporte l’Association québécoise de prévention du suicide (AQPS) qui a analysé les données de l’Institut national de santé publique du Québec et du Bureau du coroner.

L’Association attribue la baisse aux efforts déployés pour prévenir le suicide, notamment chez les hommes.

Jérôme Gaudreault, directeur général de l’AQPS, appelle néanmoins à de nouveaux efforts en matière de prévention. Il tend la main à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, pour élaborer une stratégie nationale de prévention du suicide ambitieuse, car malgré les statistiques encourageantes, le suicide affecte encore trop de familles, de couples et de milieux de vie.

Plus d’hommes que de femmes

En Estrie, le nombre de suicides des hommes est plus important que celui des femmes, constate-t-on en consultant les chiffres de l’INSPQ. On a enregistré 23,1 passages à l’acte chez les hommes pour 100 000 personnes de 2014 à 2016. Pour cette même période, ce taux est à 14,9 chez les femmes.

Comparativement, pour l’ensemble du Québec, le taux de suicide chez les hommes était 20,6 pour 100 000 habitants en 2015. Il se situait à 13,9 pour les femmes. 

L’Association soutient qu’il existe un lien entre l’état de santé et les inégalités sociales et matérielles en ce qui concerne le suicide. Elle précise que les personnes défavorisées sont bien plus susceptibles de s’enlever la vie que celles vivant dans des milieux plus aisés.

Janie Houle, professeure de psychologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et ambassadrice de la Semaine de prévention du suicide, affirme d’ailleurs qu’il manque cruellement à l’heure actuelle de mesures ciblées pour les populations les plus vulnérables.

Cette année, la Semaine de prévention du suicide débutera dimanche et se poursuivra jusqu’au 9 février. Avec sa campagne intitulée Parler du suicide sauve des vies, l’AQPS a mis en ligne le site 

www.commentparlerdusuicide.com : http://www.commentparlerdusuicide.com.

Les gens qui croient avoir besoin d’aide sont invités à utiliser la ligne téléphonique québécoise de prévention du suicide : 1 866 277-3553, disponible partout au Québec, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. 

- Avec La Presse canadienne