Les urgences des hôpitaux sherbrookois débordent encore.

CHUS: les urgences de l'Hôtel-Dieu et de Fleurimont débordent

Les urgences des hôpitaux sherbrookois débordent encore. Ça fait maintenant deux semaines que les hôpitaux de la région vivent une très grande pression. Mercredi après-midi à 16h, il y avait 55 patients pour les 28 civières de l'Hôpital Fleurimont (soit 27 lits de plus que leur permis), alors qu'il y en avait 62 pour les 44 civières de l'Hôtel-Dieu (soit 18 patients supplémentaires). Le portrait est resté semblable toute la journée.
Les autres hôpitaux de la région étaient beaucoup moins achalandés cependant. Le Centre de santé et de services sociaux de Memphrémagog, qui avait connu énormément de pression dans les premiers jours de janvier, a connu une journée avec de 9 à 12 patients alités pour une capacité de sept.
Il était question sur le coup de 16h d'ouvrir une seconde salle de débordement à l'hôpital Fleurimont.
«On ne pourra pas tenir comme ça bien longtemps! Je sors tout juste de l'urgence de Fleurimont et plus qu'une personne m'a dit que si ça continuait comme ça, elle tomberait en congé maladie. C'est une situation inquiétante», clame Guillaume Carette, président du Syndicat interprofessionnel de la santé.
«Ce qui est étonnant, c'est que les salles d'urgence ne sont pas remplies de cas d'influenza et de gastroentérites comme c'est le cas d'habitude en janvier. Nous avons une situation exceptionnelle avec une clientèle lourde qui nécessite l'intervention de médecins spécialistes ou des chirurgies. Hier par exemple (mardi), il y a eu trois patients en même temps en attente de chirurgie pour des appendicites. Ce sont des cas qui prennent une étroite surveillance à l'urgence pour déceler les complications qui pourraient survenir en attente de la chirurgie. Mais pour être capable de faire cette surveillance, ça prend du personnel», illustre M. Carette.
Bien qu'on réussisse à coucher tous les patients qui en ont besoin, le président du syndicat indique à quel point un tel débordement complique la vie des travailleurs. «Il faut faire circuler les visiteurs. Quand on est rendu à mettre des civières entre les civières, on n'a plus de place pour circuler si toute une famille se trouve au chevet d'un patient», image-t-il.
Le temps supplémentaire est bien sûr très important dans les salles d'urgence en ce moment. Bien qu'il y ait des volontaires, le temps supplémenentaire obligatoire est également monnaie courante. «L'employeur veut rencontrer les syndicats pour voir comment aller chercher des ressources supplémentaires sur les équipes volantes pour imposer du temps supplémentaire obligaoire ailleurs qu'aux employés de l'urgence. Bref, on veut répartir la souffrance», ajoute Guillaume Carette.
Les syndicats aimeraient d'ailleurs rencontrer la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS pour chercher des idées nouvelles pour essayer d'alléger les salles d'urgence, notamment chez les partenaires externes. «On nous répond qu'on ne peut même pas dégager des ressources cadres pour trouver du temps pour nous rencontrer!»
Du côté de l'hôpital, on soutient de nouveau que la situation n'est pas nouvelle et qu'elle est toujours évaluée d'heure en heure.
«Aucun patient n'est en danger. Les patients qui ont besoin d'être sur civière sont tous sur civière. Nous avons un surcroît de personnel à l'urgence. Mais c'est certain que ça demeure difficile pour les employés parce qu'ils sont très occupés», explique Sylvie Vallières, conseillère cadre aux communications du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.
«La situation risque de durer encore quelques semaines», croit-elle.
Grippe: le pire semble passé
Bonne nouvelle cependant: le pic épidémique de grippe est passé et l'activité grippale diminue progressivement au Québec.
En effet, depuis les deux dernières semaines, l'activité grippale est passée du niveau élevé à modéré.
Les virus ayant sévi durant la première moitié de la saison étaient presque tous de sous-type A(H3N2), et leur profil antigénique
semble correspondre à celui contenu dans le vaccin.
Éviter l'urgence
Un mot d'ordre, toujours le même, demeure en cette période très achalandée: évitez l'urgence si votre situation n'est pas urgente. Il existe plusieurs autres voies pour obtenir de l'aide : les médecins de famille, les pharmaciens, le service Info-Santé, le service Urgence Détresse... Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS a préparé un guide simplifié permettant aux personnes infectées (gastro-entérite, grippe ou autres) de savoir comment se soigner ou à quels services s'adresser pour recevoir les soins appropriés à leur état de santé. Le guide est disponible sur internet à l'adresse www.santeestrie.qc.ca/soins-services/pour-tous/urgence/.