CHSLD: «Des compressions sur le dos des loisirs»

Des changements apportés dans le programme d'intervention en loisirs dans les CHSLD de la région soulèvent du mécontentement. Une employée du service dénonce les décisions prises par la direction du CIUSSS de l'Estrie - CHUS.
Josée Doyon
«On nous dit qu'on fait face à un déficit et qu'il faut couper. On fait des compressions sur le dos du service des loisirs aux patients», déplore Josée Doyon, une intervenante en loisirs oeuvrant au Pavillon Saint-Joseph.
«Le ratio d'intervenant en loisirs passe d'un pour 75 résidants à un pour 105 résidants. On nous dit que les personnes sont moins actives physiquement, mais nous sommes formées pour ça. Nous sommes capables de nous adapter à la situation des personnes. Nous avons développé des moyens, multiplié les astuces justement pour atteindre toutes les personnes hébergées et ce nonobstant leur état de santé.»
Mme Doyon, en entrevue accordée à La Tribune, mentionne que des techniques ont été développées, comme l'approche Snoezelen, la thérapie par la musique « Music memory », l'approche Montessori, la zoo animation, la thérapie par l'art, etc.
Musique classique
Elle craint qu'on soit en train d'exclure les personnes âgées ayant une plus grande limitation physique et une santé plus fragile. Des articles de lois protègent ces droits, ajoute-t-elle.
«Nous sommes capables de rejoindre les personnes même si elles sont limitées», plaide-t-elle.
«L'autre jour, j'ai fait écouter de la musique classique à un monsieur. J'ai eu une réaction immédiate de sa part.»
Louise Sylvain, une bénévole de 20 ans de dévouement, dit avoir appris «avec stupeur» la réduction des heures de présence des intervenants en loisirs des CHSLD.
«C'est grotesque et indécent, car actuellement nous les bénévoles trouvons que les professionnels en loisirs ont des ressources insuffisantes. De plus ces tâches ne peuvent être comblées par des bénévoles», dit-elle.
«La personne qui vit dans un CHSLD peu importe son âge et sa condition de santé est une personne à part entière. Elle mérite respect, amour, sollicitude...et a besoin de loisir tout au long de son séjour.»
Conjoncture particulière
Questionnée sur cette question, Sylvie Moreault, directrice du programme soutien à l'autonomie des personnes âgées, assure qu'il n'est nullement question de financement dans ce dossier.
On profite d'une conjoncture particulière pour entamer une réflexion sur les services de loisir offerts aux patients.
«Nous visons des départs à la retraite et des congés de maternité. Ces postes ne sont pas comblés pour le moment. Nous en profitons pour réfléchir à l'avenir du service», répond-elle.
«Les besoins changent. Est-ce qu'on doit offrir plus de services individuels? Est-ce qu'on doit faire davantage appel à des bénévoles? C'est ce à quoi nous allons réfléchir dans les prochains mois.»