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Pierre-Luc Bernier souhaite lancer le projet du Domaine de la vallée d’Orford bientôt.
Pierre-Luc Bernier souhaite lancer le projet du Domaine de la vallée d’Orford bientôt.

Chemin Rhéaume : le promoteur a offert une partie du terrain à la Ville

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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À la suite de la décision de la Ville de Sherbrooke de limiter à 21 le nombre de lots à développer dans le projet du Domaine de la vallée d’Orford, à proximité du chemin Rhéaume, le promoteur souhaite déposer un projet rapidement pour rentabiliser son terrain. Pierre-Luc Bernier affirme avoir offert à la Ville d’acheter 100 acres de terrain, mais avoir essuyé un refus catégorique.

M. Bernier dit avoir proposé trois scénarios à la Ville après que la Commission municipale du Québec eut tranché que son projet devait compter plus ou moins 18 lots. Le premier projet suggérait 35 lots, le deuxième 21 lots avec la vente de 100 acres à la Ville et le troisième 21 lots étendus sur l’ensemble du terrain. « J’offrais les zones humides à la Ville. Si j’avais eu la possibilité de construire 50 maisons, j’aurais donné l’ensemble de zones humides, mais à 21 maisons, je ne les donne plus, je les vends. »

M. Bernier dit avoir présenté son prix à la Ville, mais que « les élus ne sont pas intéressés ». « Pour 40 000 mètres carrés au mont Bellevue, la Ville a payé 1,8 M$. Moi je vendrais dix fois cette superficie et je ne demande même pas deux fois ce prix. Ce n’est vraiment pas exagéré. Si on demandait à un évaluateur, on verrait que les prix ont explosé. »

Considérant que la Ville refuse selon lui d’acheter une partie de son terrain, il divisera sa propriété en 21 lots sur lesquels il s’attend à voir construire des fermettes. « Quand la décision de la Commission municipale du Québec est tombée, je suis allé marcher le terrain avec les services de la Ville. Ils m’ont demandé de préparer trois scénarios. Les plans sont déjà conformes à ceux de la Ville. Maintenant, on reprend tout de zéro, donc il n’y a plus de servitudes de conservation sur les terrains. »

Dans le projet initial, le promoteur s’engageait à limiter la grandeur des terrains et la coupe d’arbres sur sa propriété. Ces conditions ne tiennent plus aujourd’hui. « Je ne bâtirai jamais dans les milieux humides, mais il est vrai qu’ils seront inclus dans les terrains que je vendrai. Si les propriétaires souhaitent payer les compensations pour les détruire, ils pourront. On m’a poussé pour que je respecte l’environnement et là, on coupera forcément plus d’arbres que dans la version précédente. J’ai l’impression qu’il y a une stratégie de ralentir le projet jusqu’aux élections. »

M. Bernier espère pour sa part lancer la construction rapidement.

Mardi au conseil municipal, le maire Steve Lussier et la conseillère Nicole Bergeron ont voté contre le changement de zonage qui limite à 21 le nombre de terrains. Mme Bergeron a évoqué la possibilité de poursuites qui coûteraient cher à la Ville. 

« Moi, depuis le début, je ne veux que construire des maisons. J’ai l’impression d’être coincé dans une guerre politique. Je ne veux pas lancer de poursuite si tout se règle, mais si on trouve des moyens d’étirer le dossier, je vais finir par me tanner. Mon but n’est pas de poursuivre ni de détruire des milieux humides », assure le promoteur.

Le président du comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke, Vincent Boutin, se contente d’indiquer qu’il y a eu beaucoup d’allers-retours entre le promoteur et la Ville et qu’il ne peut pas faire état des discussions. « On ne négociera pas avec le promoteur sur la place publique. Depuis novembre, des discussions ont cours entre les fonctionnaires et le promoteur. Il nous a offert d’acheter une partie de sa propriété, mais nous avons préféré nous concentrer pour le moment sur le nombre de lots à construire. Avec les paramètres actuels, nous nous concentrons sur le contingentement plutôt que les autres options. Je ne peux pas me prononcer au nom du conseil à savoir ce qui se passerait si les conditions changeaient. »

Quant à la comparaison entre le coût du terrain du mont Bellevue et celui du chemin Rhéaume, M. Boutin estime qu’il faut tenir compte des réalités de chaque secteur. « Qu’on parle du mont Bellevue, du chemin Rhéaume ou du boisé Fabi, ce sont toutes des réalités différentes. On ne peut pas appliquer les mêmes critères à l’un et à l’autre. »

Une fois que le promoteur aura déposé son plan de lotissement, une nouvelle négociation sera nécessaire avec la Ville avant l’acceptation.