Le président et le vice-président du syndicat des chauffeurs de la STS, Jean-Pierre Guay et André Marsan, devraient être au conseil municipal lundi pour demander la création d’un comité de la sous-traitance.

Chauffeurs et cols bleus s’allient contre la sous-traitance

Les syndicats des cols bleus et des chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke (STS) s’allient pour demander la création d’un comité de la sous-traitance à la Ville de Sherbrooke. Ils comptent présenter cette requête lundi au conseil municipal.

« La sous-traitance commence à proliférer à la Ville et ça se fait en catimini. Il n’y a pas de transparence ou de justification. Nous voulons un comité qui serait enchâssé dans la convention collective pour qu’il y ait une obligation de nous informer et de justifier la sous-traitance. Si la Ville veut faire de la sous-traitance, elle peut, mais encore faut-il qu’elle donne des contrats à des gens qui peuvent faire le même travail que nous, sinon, on crée deux classes de citoyens », commente André Marsan, vice-président du syndicat de la STS. 

M. Marsan estime que la STS dépense entre 2,5 et 3 M$ en sous-traitance dans un contrat attribué à Promenades de l’Estrie. Ce sous-traitant s’occupe principalement des plus petits autobus qui sillonnent les quartiers plus excentrés. Il offre aussi certains services de navettes.

La demande des syndicats survient alors que le contrat de la STS avec son sous-traitant doit être renouvelé en mai. La convention collective des chauffeurs est également échue.

André Marsan prétend que le contrat des sous-traitants n’est pas toujours respecté. Le président de la STS, le conseiller Marc Denault, dit n’avoir jamais entendu parler d’un tel problème, lui qui, dans sa carrière, a siégé à la Société de transport de Sherbrooke pendant neuf ans.

Selon M. Marsan, les syndiqués de la STS couvrent 18 circuits d’autobus. Les sous-traitants sont actifs sur 18 autres circuits en incluant les taxi-bus. « Ils n’ont pas la même formation que nous. Quand on embauche un chauffeur de Promenades de l’Estrie à la STS, on passe un mois à lui donner une formation. Dans le même sens, les minibus qui se rendent à Saint-Élie, par exemple, n’ont pas de plancher bas, pas de support à vélo, et il n’est pas possible d’y faire monter une poussette. Ça crée une deuxième classe d’usagers. Le client, lui, ne sait pas que c’est de la sous-traitance. »

« Il faut sans doute donner une nouvelle formation quand on embauche un chauffeur des Promenades de l’Estrie, parce qu’ils ne conduisent plus le même type de véhicule », nuance Marc Denault.

Selon le vice-président du syndicat, rapatrier à l’interne toutes les tâches confiées en sous-traitance ne signifierait pas nécessairement l’ajout de 18 nouveaux véhicules sur la route. « Sur les 18 circuits en sous-traitance, plusieurs ne sont que le prolongement de ce que nous faisons déjà. Par exemple, nous nous rendons jusqu’à l’Université Bishop’s, et c’est un minibus qui couvre la distance entre l’Université Bishop’s et l’école Alexander-Galt. Pourquoi est-ce qu’on n’élimine pas le temps de battement à l’Université Bishop’s pour que nous puissions nous rendre jusqu’à Alexander-Galt? »

Marc Denault rétorque que la STS utilise des autobus de 40 pieds alors que le sous-traitant comble les besoins pour les plus petits autobus. « Sur le boulevard René-Lévesque, l’achalandage justifiait l’utilisation d’un minibus. Quand on aura besoin d’un 40 pieds, ce sera la STS qui couvrira ce circuit. Quand nos véhicules sont trop grands pour les besoins, nous passons au plan B, en sous-traitance. Nos gros autobus ne peuvent pas desservir certains secteurs où nous travaillons pour convaincre les citoyens d’utiliser le transport en commun. L’objectif est d’obtenir une affluence suffisante pour utiliser les grands autobus. »

Pas d’économie?

M. Denault ajoute que s’il y avait des économies à réaliser en confiant plus de tâches à l’interne, la STS le ferait. « Nos effectifs ne vont pas en diminuant. Nous avons créé huit nouveaux postes depuis le début de l’année. Il faut comprendre que ces revendications des chauffeurs surviennent dans un contexte de renouvellement de la convention collective. »

Au cabinet du maire Steve Lussier, on rapporte que la sous-traitance relève des relations de travail et qu’il reviendra probablement au directeur général de répondre à cette requête.

Les cols bleus, pour leur part, rappellent l’épisode de la collecte des matières recyclables, confiée au privé en décembre.

La Ville avait justifié sa décision parce que les élus avaient choisi de ne pas renouveler la flotte de camions, l’an dernier, et qu’il faut une quinzaine de mois pour construire ces camions sur mesure. L’enjeu de la main-d’œuvre avait aussi été évoqué, entre autres les nombreux départs à la retraite et les difficultés de recrutement.