Chantiers de nuit : impensable selon la Ville

SHERBROOKE — Pourquoi les travaux routiers sur les artères principales ne sont-ils pas réalisés la nuit? Le conseiller Pierre Tremblay a soulevé l’idée, lundi à l’hôtel de ville, pour minimiser les impacts sur les automobilistes. Son collègue Pierre Avard a jugé l’idée bonne.

« J’ai analysé certaines choses cet été. J’aimerais qu’on puisse regarder la possibilité, lorsqu’on travaille sur des artères principales comme Portland, King et Bourque, de faire les travaux la nuit. Je prenais l’exemple du ministère des Transports, qui ont fait des travaux de nuit autant sur l’autoroute 10 que l’autoroute 55. Avant qu’on travaille sur le budget d’exploitation, quelles sont les conséquences si on travaille de nuit? Sommes-nous capables de le faire avec notre personnel? » lance M. Tremblay.

« S’il y a des coûts supplémentaires, quelle serait la différence? Nous avons eu un été extrêmement chaud. On prévoit la même chose pour les années à venir. Entre travailler le jour à 35 degrés et travailler la nuit à 18 ou 20 degrés, ce serait très intéressant pour les employés de la voirie. Je lance l’idée tout simplement pour avoir une idée de la faisabilité. »

Impensable

La directrice du Service des infrastructures urbaines, Caroline Gravel, répondra à cette demande lors du prochain atelier plénier de la Ville. Elle juge l’exercice impensable.

« Les travaux du ministère des Transports ne visaient pas à ne pas déranger. C’est l’entrepreneur en pavage qui a imposé cette façon de faire parce qu’il avait soumissionné sur des travaux à la Ville et au MTQ en même temps. Il a obtenu les deux contrats. Il a donc été obligé de faire travailler deux équipes, dont une la nuit. Si on demandait aux entrepreneurs de faire les travaux la nuit, ça nous coûterait une fois et demie le prix », assure Mme Gravel.

Caroline Gravel estime qu’il est irréaliste pour les citoyens d’avoir de la machinerie bruyante devant chez eux pendant la nuit. « Le règlement municipal nous oblige à arrêter de faire du bruit à 23 h. Nous avons travaillé une fois la nuit, sur la rue André pour le Carré Belvédère. Nous avons fini à 23 h 45 un soir. Nous avons reçu 23 plaintes. »

Le pavage est posé par les cols bleus de la Ville de Sherbrooke. Les faire travailler la nuit signifierait des dépenses supplémentaires. « Il y aurait une explosion des coûts. Les travaux réalisés la nuit par le MTQ n’ont pas coûté un sou de plus parce que c’est le soumissionnaire qui avait trop de travail. C’était la même chose pour la construction du boulevard René-Lévesque, parce que le promoteur n’arrivait pas dans ses échéanciers. Nous avons permis les travaux la nuit parce que ça se passait loin des résidences. »

Tout indique que Mme Gravel ne retiendra pas la suggestion de Pierre Tremblay.

Pierre Tremblay