La directrice de la Santé publique en Estrie, Dre Mélissa Généreux, a présenté un bilan exhaustif des impacts de l’épisode de chaleur extrême vécu l’été passé, du 30 juin au 6 juillet.

Canicules 2018 : le bilan grimpe à 15 décès, dont un en CHSLD

Quinze personnes de l’Estrie ont succombé à l’épisode de chaleur extrême vécu l’été passé, du 30 juin au 6 juillet. Un décès est survenu en CHSLD, deux en résidence privée pour aînés (RPA) et 12 sont arrivés en communauté.

La Direction de la santé publique de l’Estrie a présenté aux médias, mardi, un bilan exhaustif des impacts de cette vague de chaleur qui a été remarquable par son intensité et sa durée. En plus des 15 décès, 64 personnes ayant présenté un trouble de santé lié à la chaleur ont été répertoriées. 

« À la fin de la vague de chaleur, nous parlions de neuf décès possiblement liés à la chaleur tous survenus en communauté alors que finalement nos analyses poussées ont décelé 15 cas, dont un en CHSLD et deux en RPA », signale la Dre Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique en Estrie.

À propos du décès en CHSLD, Dre Généreux assure que les normes du ministère de la Santé étaient respectées. Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS modifiera tout de même ses modalités d’intervention afin d’éviter que la situation se reproduise.

« Nous devrons émettre des procédures plus claires pour prévenir et non pas agir après. Nous devrons donc sensibiliser notre personnel à l’effet que les personnes qui sont fragilisées par de multiples problèmes de santé, lorsqu’ils sont soumis à une chaleur importante, ont tendance à moins ressentir la chaleur ou la soif et à moins verbaliser leurs besoins. Il faut donc être proactif pour éviter que le coup de chaleur s’installe et entraîne d’autres conséquences », explique Sylvie Moreau, directrice des programmes de soutien à l’autonomie des personnes âgées pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.  

Les CHSLD du CIUSSS de l’Estrie-CHUS ont des climatiseurs dans les aires communes et les corridors. Les chambres ne sont toutefois pas climatisées.

« Advenant qu’une personne se trouvant dans une chambre où il fait chaud refuse d’être déplacée dans une aire climatisée, on va devoir regarder nos procédures pour voir s’il ne serait pas adéquat d’insister et de transporter cette personne dans une zone climatisée et ensuite mettre en place d’autres interventions pour rafraichir la température corporelle », poursuit Mme Moreau.

Selon Mme Moreau, la climatisation de l’ensemble des chambres n’est pas une solution idéale.

« Les aînés ont toujours froid. Ils fuient la climatisation dans bien des cas. Climatiser leur chambre est un grand défi. Pour le confort de ces personnes, qui à 99 % du temps se disent confortables dans leur milieu même s’il fait près de 25 degrés dans leur chambre, il faut s’assurer qu’on dépiste rapidement quand la chaleur devient trop importante. Mais de façon générale, nos aînés sont très confortables. Il ne faut pas créer un inconfort en voulant régler une problématique qui se règle autrement. »

Îlot de chaleur  et milieu de travail

Pour l’ensemble des 79 événements de santé liés à l’épisode de chaleur extrême, près de la moitié sont survenus dans un îlot de chaleur (44 %) où la température peut être de 2 à 12 degrés Celsius plus élevée que les prévisions météorologiques. Les gens vivant dans des communautés fortement défavorisées sur le plan social ou matériel étaient surreprésentés. La grande majorité des personnes affectées vivaient dans une maison (56 %) ou dans un appartement (34 %). 

« Ce que nous avons appris, c’est que nous devrons mieux coordonner notre travail avec le milieu municipal en identifiant par exemple où sont les îlots de chaleur à Sherbrooke. Ainsi nous serons en mesure d’identifier des méthodes pour rejoindre ces personnes », affirme Dre Généreux.

Plus d’un trouble de santé lié à la chaleur sur cinq (23 %) a été identifié chez les travailleurs. Mis à part un moniteur de camp de jour, tous les cas déclarés ont été exposés à la chaleur en milieu intérieur.

« C’est une donnée qui sort du lot comparativement à ce que l’on a connu dans d’autres vagues de chaleur. Il s’agissait de travailleurs en usine, dans des hôtels ou dans les camions de transport. Ça va orienter notre façon de faire de la prévention dans les prochaines années », soutient Dre Généreux.

La chaleur a affecté les personnes de tout groupe d’âge, mais principalement les 65 ans et plus. La majorité des personnes affectées par la chaleur et toutes celles en étant décédées avaient au moins un problème de santé sous-jacent.

Au-delà de l’épisode caniculaire, l’été 2018 a été l’été le plus chaud au Québec depuis 146 ans.