Marc-Antoine Crépeau a de grands projets pour Café Hubert Saint-Jean. Le jeune entrepreneur mise sur la qualité de son produit et des partenariats à long terme avec des cultivateurs.

Café Hubert Saint-Jean fait peau neuve

Le plus vieux torréfacteur de l’Estrie, Café Hubert Saint-Jean, s’est refait une jeunesse. Les nouveaux propriétaires ont investi 300 000 $, depuis l’acquisition en mai 2018, pour embellir l’image de l’entreprise et mieux desservir ses clients. Le résultat les a séduits si on se fie au chiffre d’affaires qui a doublé depuis la transaction.

« L’entreprise avait besoin d’amour lorsqu’on l’a achetée et c’est ce qu’on lui a donné», explique le gestionnaire Marc-Antoine Crépeau qui est copropritaire de Café Hubert Saint-Jean avec Remi Tremblay, un actionnaire passif.

L’immeuble situé au 1627 rue King Ouest a complètement été rénové et le marketing repensé. « On a gardé le nom à cause de son histoire », ajoute M. Crépeau précisant que le commerce, fondé en 1923, a appartenu à Hubert Saint-Jean puis à son fils Michel, jusqu’en 2008, pour ensuite être vendu à Josée Laflamme.

Les produits Hubert Saint-Jean sont vendus dans une trentaine de points de vente et l’entreprise a pignon sur rue à deux endroits, soit sur King Ouest, près de l’intersection Jacques-Cartier, et au 4797 boulevard Bourque. L’entreprise torréfie environ 60 000 livres de café par année.

« On participe aussi à une multitude d’événements. Juste en 2019, on a déjà 160 dates à l’agenda. Ce volet représente environ 20 pour cent de nos revenus », indique le jeune entrepreneur, ajoutant que des baristas étaient notamment présents aux Correspondances d’Eastman, au Demi-Marathon de Sherbrooke, à la Fête du lac des Nations, à Bouffe ton centro et à l’événement torontois Collision qui a attiré plus de 25 000 visiteurs en mai 2019.

Depuis l’acquisition, la nouvelle direction a abandonné la vente d’épices et a minimisé son offre de thé pour se concentrer sur sa spécialité, le café.

« Café Hubert Saint-Jean ne fait affaire avec aucun intermédiaire. On est allé sur les fermes rencontrer les cultivateurs. Récemment, nous avons fait une entente avec une fermière au Honduras. Et on s’assure de bien rémunérer les cultivateurs. Par exemple, le prix au marché est de 1 $/livre et nous avons payé 5 $, L’objectif est de permettre à notre partenaire d’investir dans sa culture et dans les bons outils pour nous offrir un café de qualité. On vise des ententes à long terme », explique M. Crépeau, qui se passionne pour le café depuis 2012.

Michel Saint-Jean agit aujourd’hui comme un mentor pour le jeune entrepreneur dans la vingtaine. « Il me parle de l’histoire du commerce, de ses bons et moins bons coups. On est encore loin du chiffre d’affaires des années glorieuses d’Hubert Saint-Jean. À une époque, l’entreprise était le seul torréfacteur et ensuite la famille Saint-Jean avait créé un produit pour lequel les gens faisaient des détours. On aspire à recréer cela. Redevenir la référence en ce qui a trait au café », note le propriétaire qui souhaite agrandir son marché à l’extérieur des frontières estriennes et même québécoises au cours des prochaines années.