Un différend concernant une directive que pourrait avoir donnée le maire Steve Lussier à son chef de cabinet Daniel Bergeron a entraîné le congédiement de celui-ci le 5 décembre. Dans un point de presse tenu le 10 décembre, M. Lussier s’était excusé de cet imbroglio et avait affirmé que M. Bergeron assurerait une transition pendant deux semaines.

Cabinet du maire : Bergeron n’avait pas de contrat

L’ex-directeur de cabinet du maire Steve Lussier, Daniel Bergeron, n’avait toujours pas signé de contrat au moment de son congédiement, un mois après être entré en poste. Selon le maire lui-même, les deux hommes disposaient d’une entente verbale.

Rappelons qu’un différend concernant une directive que pourrait avoir donnée le maire Steve Lussier à son chef de cabinet a entraîné le congédiement le 5 décembre. Dans un point de presse tenu le 10 décembre, M. Lussier s’était excusé de cet imbroglio et avait affirmé que M. Bergeron assurerait une transition pendant deux semaines. Ni Steve Lussier ni Daniel Bergeron n’avaient répondu aux questions des journalistes.

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Deux jours plus tard, la présidente du conseil, Nicole Bergeron, assurait que le seul impact de cette mésentente pour les contribuables consistait en deux semaines de salaire.

À la suite d’une demande d’accès à l’information déposée le 13 décembre, la Ville de Sherbrooke a corroboré le 8 janvier que « le contrat confirmant l’embauche de M. Daniel Bergeron [...] est inexistant. En effet, Monsieur Lussier aurait mis fin au lien d’emploi qu’il avait avec M. Bergeron avant qu’un contrat ne soit signé entre les parties ».

La même demande d’accès permet de noter que l’attaché politique et directeur de cabinet par intérim, Sylvain Vessiot, a quant à lui signé son contrat le 14 décembre.

Pourquoi un délai aussi long? Aux communications de la Ville de Sherbrooke, on a d’abord précisé que MM. Bergeron et Lussier disposaient d’une entente verbale. La demande d’Évelyne Beaudin pour se constituer un cabinet aurait poussé le comité exécutif à évaluer le type de contrat qui scelle les ententes avec tout le personnel politique. Le salaire de base accordé au personnel politique aurait été ajusté à la suite de cette étude, qui aurait duré un mois.

Steve Lussier confirme que le salaire minimum « selon la charte de la Ville » a d’abord été accordé, avant d’être ajusté selon l’expérience. « Après avoir discuté avec les ressources humaines, nous avons décidé de lui donner deux semaines de salaire au moment de son départ, mais depuis presque deux mois, nous ne payons plus personne à ce poste. »

Pour justifier le délai, M. Lussier dit avoir fait ajouter des clauses aux contrats, entre autres l’ajout d’une période de probation pour tous les employés du cabinet. « Je voulais vérifier la légalité de cette mesure. Et quand je suis arrivé, j’avais beaucoup à faire. J’avais fait des appels à l’UMQ, où il y a un guide de la rémunération. »



« Je ne m’attendais pas à avoir un contrat comme avec les autres employés. »
Daniel Bergeron

Daniel Bergeron mentionne pour sa part que Steve Lussier n’avait pas préparé d’équipe avant son élection, donc n’avait pas choisi de directeur de cabinet. « J’étais là pour l’installer à l’hôtel de ville, lui laisser le temps d’apprendre comment ça marche. Il était convenu que je me retirerais. J’ai mes propres entreprises et je n’ai aucune ambition politique. Il n’y avait pas de presse à signer un contrat. Je n’étais pas là pour la paye. »

M. Bergeron estimait à ce moment qu’il faudrait environ six mois pour permettre l’embauche du nouveau directeur de cabinet. « Je ne m’attendais pas à avoir un contrat comme avec les autres employés parce que je m’attendais à ce que le gros du travail soit fait après six mois. Je pensais qu’on partirait probablement du contrat d’Étienne Vézina, mais je ne voulais pas de clauses contraignantes qui m’auraient empêché de partir. On peut dire qu’on a traîné, mais il y avait tout à faire. Il n’y avait rien de malhonnête. Tout allait tellement vite. Il fallait qu’on pédale pour gagner un niveau de stabilité. Nous étions très absorbés par tout ce qui arrivait. »

Le directeur de cabinet par intérim, Sylvain Vessiot, précise que la Ville a amorti la compensation versée à Daniel Bergeron après son départ puisque personne ne touche le salaire de directeur de cabinet depuis près de deux mois. M. Vessiot, qui assume une double tâche pour le moment, touche une prime de 10 % pour assurer la transition, une prime versée pour tout remplacement d’un poste supérieur.

Le contrat de M. Vessiot, obtenu en vertu de la loi d’accès à l’information, stipule une probation de 12 mois. Le salaire annuel a été caviardé.

Steve Lussier mentionne par ailleurs en être à l’étape de la deuxième entrevue pour pourvoir au poste de directeur de cabinet. Il n’a pas fixé d’échéancier pour nommer son nouveau directeur. Il ne prévoit pas ajouter d’autre personnel politique à court terme.

Aux frais de Steve Lussier

Quand le maire Steve Lussier s’est excusé du différend avec son ex-directeur de cabinet Daniel Bergeron, en décembre, l’invitation aux médias avait été envoyée par la firme Groupe Loyer avocats.

La Ville de Sherbrooke avait confirmé que les services juridiques et que le service des communications de la Ville n’ont pas été utilisés par M. Lussier ou M. Bergeron dans cette histoire. Une demande d’accès à l’information confirme ces déclarations. La Tribune demandait les factures soumises par la firme d’avocats en question.

« Au terme des recherches effectuées dans le cadre du traitement de votre demande, nous constatons que les documents dont vous demandez l’accès [...] ne sont pas détenus par notre organisme. En effet, le Groupe Loyer avocats n’a pas été mandaté par la Ville de Sherbrooke et les honoraires professionnels, concernant ce dossier, ont été payés par M. Steve Lussier personnellement et non à même les sommes allouées à son cabinet. »