Steve Lussier, directeur hypothécaire à la Banque Nationale, sera candidat à la mairie de Sherbrooke lors de l'élection municipale du 5 novembre.

«Ça prend du sang neuf»

« C'est le temps que le maire actuel cède sa place. Il avait dit qu'il ferait deux mandats. C'est fait! C'est à moi de prendre la place. » Steve Lussier, directeur hypothécaire à la Banque Nationale, a confirmé mercredi sa candidature à la mairie de Sherbrooke en prévision des élections municipales du 5 novembre. Dans un point de presse, il n'a laissé aucun doute sur ses intentions. Sa priorité, outre un « retour à la base », sera de stimuler l'économie.
Originaire d'Iberville, passionné par le vélocross, le motocross et les sports d'athlétisme, ce troisième candidat à la mairie se décrit comme un entrepreneur et un bâtisseur. Déplorant les hausses de taxes de 12,11 % en quatre ans, il promet une gestion serrée des fonds publics et estime qu'il est temps pour un changement.
« On n'est pas dans le jeu du Banquier. Je ne peux pas croire qu'on joue avec l'argent des citoyens comme ça. Que dire de nos rues? Si j'avais une entreprise à partir aujourd'hui, ce serait une usine de suspension. Je crois sincèrement qu'un maire qui a eu deux mandats pour mener la ville dans la bonne direction a eu suffisamment de temps pour le faire. Ça prend du sang neuf », a-t-il déclaré. Steve Lussier affirme du même souffle qu'il se limiterait lui-même à deux mandats.
« Il arrive de nouvelles personnes avec de nouvelles idées, plus jeunes. Il faut les laisser entrer et leur donner leur chance.
« Quand je pense que les taxes ont augmenté de 12,11 % au cours des quatre dernières années et qu'on se met à dépenser à droite et à gauche dans des projets qui ne tiennent même pas la route, avec aucun plan d'affaires dans la plupart des cas... J'ai un plan simple et efficace. Je sais où je m'en vais. Je vais revenir à la base. Ce qui est le plus important. En avons-nous besoin, oui ou non? Est-ce une priorité, oui ou non? »
Steve Lussier estime qu'il faut revoir le dossier de l'aéroport. « Est-ce qu'un jour on va se tourner vers le privé? Je vais me pencher là-dessus. Je ne suis pas contre les aéroports, je suis juste contre le fait qu'on dépense de l'argent dans un aéroport dont on ne connaît pas les revenus. Est-ce qu'on a besoin d'une multinationale? Ce serait une bonne idée d'avoir un aéroport plus régional et de faire des transports vers Montréal et Toronto, mais je ne verrais pas ça tel qu'ils ont présenté le projet. »
Comment stimuler l'économie? « On a un beau parc industriel qui vient juste d'être construit. On va le remplir. C'est mon but premier. Ça nous rapportera des taxes. Nous ne donnerons pas nécessairement des crédits pour 10 ans, mais nous irons chercher des entreprises et nous les aiderons à bien s'installer. »
Steve Lussier mentionne que la Ville ne doit pas investir dans des projets qui appartiennent aux entrepreneurs, comme Well inc. Il préfère injecter des sommes dans les infrastructures municipales. « Ce qui nous appartient, on va le regarder et probablement réinvestir dans ce que nous avons déjà. Par exemple, ça me fait bien de la peine de voir un centre de gymnastique en mauvais état », dit-il en référence à l'édifice d'Expo-Sherbrooke.
Autre orientation : ramener l'harmonie autour de la table du conseil. « Actuellement, il y a la moitié du bateau qui rame à gauche, l'autre rame à droite. Même le leader, je ne suis pas sûr des fois s'il sait de quel côté il s'en va. »
M. Lussier est bien conscient qu'il est moins connu que le maire actuel, Bernard Sévigny. Il ne croit toutefois pas nécessaire d'obtenir un mandat de conseiller avant de tenter sa chance à la mairie. « J'ai été conseillé par des maires d'autres villes. Ils m'ont dit que je pouvais aller de l'avant. J'amène de la nouveauté et c'est ça que les gens veulent voir. »
Steve Lussier misera entre autres sur une campagne d'image, alors qu'il publiera des vidéos léchées sur son site internet et sur ses médias sociaux.
« J'ai un plan qui est tout prêt. Je ne peux pas vous le montrer aujourd'hui, mais je peux vous assurer qu'il est bien fait. Nous allons en ligne droite avec ça et nous allons réussir. »
Lors de cette campagne, il se frottera au maire sortant, Bernard Sévigny, du Renouveau sherbrookois, et à la candidate de Sherbrooke Citoyen, Hélène Pigot.
Un appui moral de Pierre Tardif
Le conseiller Pierre Tardif offre un appui moral à Steve Lussier, candidat indépendant à la mairie de Sherbrooke. Seul élu présent au point de presse du candidat mercredi, il affirmait trouver intéressant le discours de M. Lussier. Annie Godbout, quant à elle, laisse encore planer le doute sur ses intentions.
La candidate indépendante du district d'Ascot, Karine Godbout, et le président du parti Sherbrooke Citoyen, Claude Dostie, ont aussi été aperçus au point de presse.
« C'est un appui moral pour l'instant parce que je ne connais pas son programme. J'ai hâte de voir son programme. En tant que candidat indépendant depuis huit ans, je ne suis pas attiré directement par les partis. Je prône beaucoup d'avoir quelqu'un d'indépendant. J'ai écouté ce matin son petit mot et j'ai trouvé que c'était bien présenté. Il semble bien préparé. C'est un candidat qui pourrait être intéressant », a commenté Pierre Tardif.
« Son propos c'est de revenir à la base. C'est vrai qu'on s'éparpille pour beaucoup de projets. Il y a des choses que même moi comme conseiller municipal je ne suis pas au courant. On apprend des petites bribes. Après, il faut revoir les finances de la ville. »
M. Tardif admet que Steve Lussier a rencontré les élus indépendants dans le passé. « Je ne peux pas parler pour les autres, mais il y en a qui l'ont trouvé intéressant aussi. Il y a des gens qui ne veulent pas s'identifier ou se montrer publiquement avec un candidat. Moi je peux travailler avec d'autres personnes et m'adapter. Si M. Sévigny est élu comme maire et que je reviens, je vais travailler avec M. Sévigny ».
Un indépendant d'abord
Mais Pierre Tardif préférerait un indépendant. « Dans nos campagnes, on va promouvoir d'aller vers des indépendants. Ça fait huit ans qu'on travaille avec un parti et on voit ce que ça donne. Les indépendants peuvent représenter plus la population sherbrookoise. C'est certain que je trouve intéressant qu'il vienne du milieu financier. Il n'est pas connu au conseil, mais il l'est dans d'autres sphères. Des fois quand tu es du milieu, tu arrives avec toutes sortes d'idées préconçues ou des alliances. Avec lui, ce serait quelque chose de nouveau. »
Annie Godbout continue d'affirmer n'avoir rien à annoncer pour le moment concernant ses intentions. La candidature de Steve Lussier n'aura, selon elle, aucun impact sur sa décision de se présenter ou non à la mairie. Elle affirme avoir rencontré M. Lussier pour la dernière fois à la fin avril, mais ne lui donne pas son appui... pour le moment. « Tant que je n'aurai pas pris de décision, je n'appuierai personne. »
La candidate dans Ascot Karine Godbout ne considère pas sa présence mercredi comme un appui formel. « C'était surtout de la curiosité. Je n'ai jamais rencontré M. Lussier, mais j'avais été invitée par la bande. Je suis donc allée entendre ce qu'il avait à proposer. Je ne me positionne pas pour le moment. »
Claude Dostie, de Sherbrooke Citoyen, s'y trouvait aussi par curiosité. « Comme c'était un événement public, je considérais que je pouvais aller faire un tour. Ça m'intéressait de savoir ce qu'il avait à proposer, mais je n'en ai pas appris beaucoup plus. »