Yvon Laramée, maire d’Eastman : « C’est le destin qui a frappé parce que, si l’autobus était tombé ailleurs, il aurait sûrement atterri dans beaucoup moins épais d’eau. »

« Ça a été une mégacatastrophe »

Le maire d’Eastman, Yvon Laramée, se souvient encore très bien de la tragédie du lac d’Argent, qui avait coûté la vie à 40 personnes en 1978. Dans les heures ayant précédé l’accident, il avait justement passé du temps aux abords du plan d’eau avec des amis. L’événement l’avait évidemment ébranlé, tout comme l’ensemble de sa communauté.

À Eastman, plusieurs personnes ont encore souvenir du terrible accident d’autobus, survenu au bas de la « côte du chemin du Théâtre ». L’événement revient parfois dans les conversations malgré tout le temps écoulé depuis.

« Les gens qui vont au Théâtre la Marjolaine posent des fois des questions par rapport à cet événement. Ils veulent habituellement savoir à quel endroit exactement l’autobus est entré dans l’eau », souligne Yvon Laramée.

Entre eux, les résidants d’Eastman discutent plus rarement de l’accident. « C’est sûr qu’un bon nombre de personnes qui habitaient la municipalité il y a 40 ans sont décédées ou ont tout simplement déménagé. Il faut aussi comprendre que les gens qui sont morts ce jour-là, venaient du secteur d’Asbestos, donc c’est certain qu’on a été moins touchés ici que dans cette autre communauté », explique M. Laramée.


« On n’aime pas se rappeler de ça, mais on n’a pas le choix. »
Yvon Laramée

Le 4 août 1978, le jeune Yvon Laramée, alors âgé de 19 ans, était demeuré une partie de la soirée sur un terrain situé à quelques centaines de mètres du lieu de la tragédie. Il avait cependant quitté ce lieu peu de temps avant l’accident.

« Mes amis et moi, on connaissait bien l’endroit où s’est produit l’accident. On se baignait là à l’occasion. Cette partie du lac devient profonde rapidement. C’est une des places les plus creuses en fait. Ça descend jusqu’à 35 pieds de profondeur. C’est le destin qui a frappé parce que, si l’autobus était tombé ailleurs, il aurait sûrement atterri dans beaucoup moins épais d’eau. »

« Branle-bas de combat »

La nouvelle de l’accident s’est évidemment répandue comme une traînée de poudre pendant la nuit du 4 au 5 août 1978 à Eastman. Plusieurs résidents de la municipalité se sont rendus aux abords du lac par curiosité ou pour porter secours après avoir appris ce qui venait de se produire.

« On ne pouvait vraiment rien faire. L’autobus était là, sous l’eau, et on était impuissant. On voyait seulement des choses flotter à la surface. Je me souviens que des accompagnateurs avaient réussi à s’en sortir. Mais la grande majorité des passagers ont péri. Ça a été une mégacatastrophe », se remémore M. Laramée.

Dans les jours qui ont suivi, le village a accueilli des curieux ainsi que de nombreux membres des familles des victimes. « Il a fallu deux jours pour que l’autobus soit retiré du lac. Ça a été un vrai branle-bas de combat. L’auberge Le Fallot, qui était juste de l’autre côté de la rue, a d’ailleurs manqué de nourriture à un moment donné », raconte-t-il.

La municipalité a l’intention d’installer une plaque commémorative pour que la population locale se souvienne longtemps de la tragédie. L’installation de cette plaque aura normalement lieu avant la fin de 2018. « On n’aime pas se rappeler de ça, mais on n’a pas le choix », déclare Yvon Laramée.