Stéphanie Beauchamp et Maude J. Coulombe se sentent tout de même en sécurité au Burkina Faso.

Burkina Faso: des Québécoises se disent en sécurité

Des Québécoises résidant au Burkina Faso se sentent en sécurité, malgré la disparition de la Sherbrookoise Édith Blais, qui a donné signe de vie pour la dernière fois il y a un mois.

« En ce qui concerne la sécurité, c’est pas mal la même chose, indique Maude J. Coulombe, une Sherbrookoise qui habite ce pays depuis un an et demi. On n’a pas vraiment changé notre train de vie. C’est rare que je vais à l’extérieur de Ouaga. De manière générale, les Burkinabés aiment les étrangers. Je me suis toujours sentie en sécurité. Les gens pensent qu’on est en zone de guerre, mais ce n’est vraiment pas ça. »

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La disparition d'Édith Blais fait la manchette au Burkina Faso

Si le dossier d’Édith Blais était présent sur les médias sociaux la semaine dernière, les choses semblent s’être calmées. « J’ai vu un boom des informations. J’ai beaucoup de contacts qui travaillent dans des ambassades qui m’envoyaient des messages. Cette semaine, plus rien. Je vois une publication Facebook une fois de temps en temps », décrit la Sherbrookoise.

La femme a réellement été « frappée » par la disparition de la voyageuse. Cependant, le sentiment d’impuissance est présent. « C’est près de chez moi. Tout le monde est choqué. Il y a des hypothèses un peu partout, on ne sait pas quoi croire. On essaie d’aider, mais je suis orthophoniste, qu’est-ce que je peux faire à part mettre des publications sur Facebook ? Je trouve ça difficile de voir qu’une Sherbrookoise soit disparue. »

Manque de communication

Stéphanie Beauchamp, qui habite à Koudougou depuis novembre, la troisième plus grande ville du pays, déplore le manque d’informations sur la disparition d’Édith Blais et de son compagnon Luca Tacchetto, un Italien. 

« La plupart des gens n’ont pas la télé ni l’électricité. Il y a un endroit pas loin d’où j’habite où il y a la télé, mais ils diffusent des matchs de foot. Ce ne sont pas les informations. Dans les bars, il y a parfois la télé et ils écrivent les nouvelles. Les gens ne sont pas intéressés par l’information », affirme-t-elle, expliquant que l’information se partage plus par le bouche-à-oreille. 

« Tous les gens à qui je parle, je leur apprends qu’une Canadienne est disparue, poursuit-elle. Ici, personne ne cherche. Mercredi dernier, je suis allée à la capitale. Quand nous sommes partis, le chauffeur m’a dit que ça allait être compliqué à cause des contrôles policiers. En plus, je suis blanche et j’ai le même âge que la fille qui est disparue. Mais quand on passe devant le contrôle policier, c’est le contraire. Quand ils voient des blancs, ils nous font un beau bye bye avec la main [...] Si tu cherches activement quelqu’un, comme quand Cédrika est disparue, tout le monde connaissait son visage. Tout le monde cherchait une voiture rouge. Ici, les gens ne sont même pas au courant qu’une Canadienne est disparue. » 

Malgré cela, Mme Beauchamp se sent en sécurité. « Où je suis, c’est vraiment tranquille. Les musulmans et les catholiques ont fêté Noël ensemble. Je ne vois pas de geste d’agressivité et je ne sens pas de tensions reliées aux religions. Mais je ne fais pas de tourisme. À la fin de mon séjour, j’avais prévu aller en autobus voyageur à Bobo pour visiter, mais j’ai laissé tomber le projet. Je ne veux pas prendre de risque inutile », résume-t-elle.

Édith Blais