Les élus ont accepté d’injecter 600 000 $ en 2020 dans le projet de revitalisation de la prison Winter, qui commandera au total des investissements de 3 M$

Budget: la Ville investira dans les routes et la prison Winter

Dans un budget d’immobilisation que le maire Steve Lussier qualifie de rigoureux et ambitieux, les investissements prévus en 2020 à Sherbrooke s’élèvent à 107,6 M$, dont 85,7 M$ proviennent de la Ville. La balance sera financée par des tiers. Parmi les projets entérinés à l’unanimité : déménager le garage municipal, voir à la remise en état de la prison Winter et des investissements majeurs pour le pavage et les égouts.

En tout, ce sont 193 projets qui seront financés avec ce budget d’immobilisation. La part du lion (26 %) revient au réseau routier, alors que les infrastructures municipales reçoivent 18 % des sommes adoptées. L’environnement, sur papier, arrive en queue de peloton avec 3 % des investissements. Les autorités municipales s’empressent de nuancer cette perception. 

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Enthousiasme prudent des élus

Concrètement, ce sont 2 M$ qui sont réservés pour l’agrandissement de l’écocentre Rose-Cohen, 0,3 M$ pour la construction d’un bâtiment à l’écocentre Michel-Ledoux et 0,2 M$ pour l’aménagement et l’entretien de cours d’eau. D’autres actions, en matière d’égouts, d’aqueduc ou de plantation d’arbres, sont inscrites dans d’autres postes de dépense, si bien qu’il faut prévoir des investissements supplémentaires de 9 M$. 

« Plusieurs gestes se refléteront probablement dans le budget d’exploitation également. On travaillera à des changements de comportement avec de nouveaux règlements, comme celui concernant les sacs de plastique », ajoute le directeur général Daniel Picard. 

Réseau routier

En ce qui concerne le réseau routier, les travaux majeurs de réfection de la rue Galt Ouest coûteront 3 M$. À eux seuls, les travaux de pavage mettront à l’épreuve la patience des automobilistes. 

« En 2020, nous serons partout sur le territoire. Le budget pour l’ensemble des infrastructures s’élève à 62 M$, dont 18,6 M$ pour le pavage. Ça exclut tout ce qui est réfection de conduites, qui nécessite forcément de refaire le pavage. Historiquement, nous investissons entre 13 et 15 M$ dans le pavage. La patience des citoyens sera donc mise à rude épreuve. Nous déciderons dans les prochaines semaines des artères qui feront l’objet de travaux », explique Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke. 

Il faudra donc s’attendre à ce que des sommes soient prévues au budget d’exploitation pour l’embauche de personnel qui réalisera ces travaux. 

« L’été dernier, nous avons eu deux situations particulières, soit beaucoup de départs et de maladies. J’ai manqué d’ingénieurs pour les plans et devis et nous avons eu des difficultés en matière de signalisation. J’ai eu l’accord de mes supérieurs pour engager des ingénieurs supplémentaires. Nous devrions fonctionner de façon plus optimale qu’en 2019 en ce qui concerne le travail des employés. »

Tourisme et prison Winter

Enfant pauvre en 2019, le tourisme renoue avec des investissements. Après avoir dû puiser dans ses surplus accumulés, Destination Sherbrooke pourra jongler avec un budget de 1,3 M$ en 2020. Le projet de revitalisation et d’ouverture partielle de la prison Winter semble avoir séduit les élus, qui acceptent d’y injecter 600 000 $. Le projet total est évalué à 3 M$. Au point de départ, des visites guidées devraient y être proposées. Les 700 000 $ supplémentaires seront consacrés entre autres aux plans et devis du projet Parcours, qui sera relancé en 2020. Les investissements frôleront 16 M$ en 2021 et 11 M$ en 2022.

Les inondations ayant frappé le garage municipal ont par ailleurs convaincu les élus de reconsidérer le projet de 40 M$ qui visait à relocaliser le garage dans le parc industriel régional. Un montant de 4 M$ est réservé en 2020 pour l’achat d’un nouveau terrain et la préparation de plans et devis. « Nous voulons arriver au prochain budget avec un projet plus concret. Nous avons un engagement à long terme dans l’ouest, où nous louons des installations, donc nous regardons au centre-ville ou pour nous étendre un peu plus vers l’est pour la suite », résume Daniel Picard. 

Parmi les autres projets, notons 5,6 M$ pour le renouvellement des conduites d’aqueduc, 6 M$ pour le renouvellement des conduites d’égout, 3,8 M$ pour l’acquisition de bâtiments, notamment le bingo Abénaquis, 1 M$ pour le début des travaux pour un terrain de soccer synthétique au parc Central de Rock Forest et 16,4 M$ dans le réseau d’hydroélectricité. Environ 350 000 $ sont réservés pour l’aéroport. 

Dans la part de la Ville, 73 M$ proviendront d’emprunts, 8,9 M$ seront prélevés dans le fonds de roulement, 3,1 M$ seront payés comptant et 0,7 M$ proviendront d’autres réserves financières comme le fonds des gravières et sablières. 38 % du budget, soit 41 M$, sera consacré à du développement. 

À noter qu’en 2019, la Ville avait planifié des dépenses de 84,3 M$ dans un budget d’immobilisation total de 118,8 M$. En réalité, elle a dépensé 116 M$, dans un budget révisé de 163 M$. La raison? Des projets prévus en 2020 qui ont été devancés. On parle entre autres du projet Well Sud (32,7 M$), du projet Galt Ouest (3,8 M$), de l’élargissement du boulevard Monseigneur-Fortier et de l’ouverture de la rue Achille-Beaucher (3,1 M$), de la réfection de l’aréna Ivan-Dugré (2,2 M$) et de l’achat d’un terrain en bordure du mont Bellevue (2 M$). 

Le plan triennal d’immobilisation, qui inclut toutes les dépenses projetées d’ici 2022, prévoit des dépenses de 417,5 M$ pour 570 projets. Les dépenses grimperaient à 149,1 M$ en 2021 et à 160,8 M$ en 2022. Dans les années à venir, la majorité des investissements (22 %) iront au développement promoteur et industriel. 

La Ville est-elle en train de pousser vers l’avant des dépenses essentielles? « Pour 2021-2022, il reste du travail à faire pour prioriser les projets et respecter la capacité de payer des citoyens. Nous devrons avoir différentes discussions avec les gouvernements pour voir dans quelle mesure ils peuvent nous aider à respecter nos impératifs. Tout le monde est pris avec des infrastructures vieillissantes », répond Nathalie Lapierre, directrice du Service des finances. 

Le budget d’exploitation sera adopté le 16 décembre. C’est à ce moment que les Sherbrookois connaîtront l’ampleur de la hausse de taxe qui leur est réservée.