Budget de la Ville: la facture grimpe de 1,84%

La facture moyenne pour les propriétaires de maisons unifamiliales grimpera de 1,84 % à la suite du dépôt du budget 2017 à l'hôtel de ville de Sherbrooke lundi. La taxe foncière augmentera en moyenne de 1,44 %, à laquelle s'ajoutent les tarifs pour l'eau potable, l'assainissement des eaux et la vidange des fosses septiques, pour une augmentation de 46,46 $ pour une maison unifamiliale moyenne évaluée à 226 700 $.
Bernard Sévigny
Le budget 2017 de la Ville de Sherbrooke prévoit des dépenses de 291 M$ excluant les achats d'électricité d'Hydro-Sherbrooke.
Le tarif d'eau potable connait une hausse de 13,2 %, le tarif de l'assainissement des eaux connaît une réduction de 0,7 %, alors que la vidange des fosses septiques coûtera 2 % moins cher. En conséquence, la tarification pour l'eau potable passe de 129,90 $ à 147,05 $. La tarification pour l'assainissement des eaux connaît pour sa part une réduction de 1,75 $ et celle pour la vidange des fosses septiques diminue de 1,50 $. Ces tarifs sont basés sur les coûts réels.
Le budget 2017 compte des investissements de 96,9 M$ en immobilisations. En matière de développement économique, ce sont 8,7 M$ qui seront investis dans les organismes de développement économique, notamment Sherbrooke Innopole et Destination Sherbrooke. Le montant consacré à la réfection des rues, qui représentait 2 % des hausses de taxes l'an dernier, est maintenu, soit 3,2 M$. L'enveloppe totale pour la réfection des rues et des trottoirs atteint 15,3 M$.
« Si j'avais à qualifier ce budget, je dirais qu'il est tourné vers le développement avec la rigueur nécessaire et des choix judicieux. La capacité financière étant limitée, il faut bien choisir ses chevaux sans négliger nos infrastructures. Boucler un budget est un exercice d'équilibre qui doit tenir compte des besoins des différents secteurs et des opportunités que nous pouvons saisir », a commenté le maire Bernard Sévigny.
« Un gel aurait été possible mais nous nous serions amputé des fonds pour réhabiliter nos infrastructures. Nous pensons que l'augmentation des taxes est raisonnable compte tenu de l'augmentation moyenne des salaires. À mon avis, ç'aurait été un mauvais choix de geler les taxes. Les dépenses sont affectées de façon responsable pour assurer le développement de la Ville. Le budget municipal grimpe d'environ 3 %. »
Si les tarifs d'eau potable ont augmenté, M. Sévigny précise que la Ville a investi massivement dans son usine d'eau potable. « La Ville distribue une eau d'une très grande qualité, probablement comparable à celle d'une eau en bouteille.»
Parmi les pressions sur le budget citées par le maire, on note la baisse de la contribution d'Hydro-Sherbrooke de 3,5 M$, en grande partie en raison de la nouvelle grille tarifaire. Le remboursement lié au déficit des caisses de retraite atteint pour sa part 10,7 M$. « Les déficits des caisses de retraite continuent de plomber les finances. À Hydro-Sherbrooke, 2017 sera la pire année en raison du changement de la grille tarifaire. En ce qui concerne nos ressources, le plan d'optimisation se poursuit. Nous comptons 1263 postes permanents en ce moment. Les économies depuis 2015 se chiffrent à 8,3 M$. Nous prévoyons atteindre l'objectif en 2017 en retranchant 2,7 M$ supplémentaires. Ce sont l'équivalent de 74 postes à temps complet qui ont été abolis », explique le président du comité exécutif Serge Paquin.
M. Paquin fait valoir que certaines des pressions sur le budget diminueront dans quelques années.
« Y aura-t-il d'autres contraintes d'ici ce temps-là? Peut-être. Mais à partir de 2022 on retrouve une marge de manoeuvre d'environ 2 M$ avec la diminution des paiements actuariels de la Ville et en 2024, on parle d'une somme de 8 M$ en moins. Ça représente 6 % sur le compte de taxation. Le financement du 4e poste d'Hydro-Sherbrooke nous amènera des revenus supplémentaires qui représenteront 1,5 M$ à partir de 2028. »
Les hausses de salaire entraînent bien sûr des dépenses supplémentaires. « À partir du moment où la masse salariale représente près de la moitié du budget municipal, c'est certain que ç'a un impact le fait d'augmenter les salaires. Mais parmi toutes les conventions collectives signées au Québec, Sherbrooke tire très bien son épingle du jeu parce que nous sommes parmi les plus bas avec des augmentations de 2 %.
Bernard Sévigny fait par ailleurs valoir que Sherbrooke se trouve parmi les trois villes, parmi les grandes villes québécoises, où la charge fiscale est la plus basse pour une résidence ou un logement. Lévis et Saguenay font mieux que Sherbrooke en 2016.
En 2016, la population de la Ville de Sherbrooke a grimpé à 163 623 personnes. Ce sont 648 logements qui se sont ajoutés sur le territoire alors que 2,8 kilomètres de rues ont été construits et 2,4 kilomètres de trottoirs.