En dépit des impacts de la COVID-19, l’Université Bishop’s a déposé un budget équilibré pour l’année 2020-2021.
En dépit des impacts de la COVID-19, l’Université Bishop’s a déposé un budget équilibré pour l’année 2020-2021.

Budget 2020-2021 : Bishop’s évite l’encre rouge

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
En dépit des impacts de la COVID-19, l’Université Bishop’s a déposé un budget équilibré pour l’année 2020-2021. L’institution a tout de même connu une baisse de ses revenus de l’ordre de près de 6 M$ en raison de la pandémie.

« On prévoit être capable d’équilibrer le budget, note la vice-principale aux finances et à l’administration de Bishop’s, Isabelle Goyette. Les inscriptions à la session d’hiver seront néanmoins déterminantes pour la situation financière de l’établissement », dit-elle en y voyant un risque financier.

« On assume que nos étudiants vont revenir comme prévu cet hiver. Nos inscriptions d’hiver débutent le 24 novembre, on va avoir une image plus juste de la rétention. Pour l’instant, on n’avait aucun signe alarmant nous disant qu’ils ne seraient pas là. Déjà, depuis qu’on est en zone rouge, une dizaine d’étudiants nous ont demandé s’ils peuvent quitter les résidences pour aller chez eux et faire les cours en ligne. On espère que la zone rouge ne sera pas là trop longtemps, mais ça c’est hors de notre contrôle... »

Bishop’s compte 2890 étudiants inscrits à la session d’automne.

La vice-principale explique que Bishop’s a évalué les risques : elle estimait au départ des pertes évaluées à la COVID-19 entre 5 et 9 M$. 

L’institution a joué de prudence : aux prises avec un déficit accumulé de 13 M$, elle ne voulait pas alourdir celui-ci. Le fait d’opter pour un modèle hybride a aussi permis de limiter les coûts liés aux besoins d’espace. Bishop’s n’a pas eu à louer des espaces supplémentaires et s’en est tirée en utilisant des lieux comme le Centennial ou la salle Bandeen, entre autres. 

Le budget de Bishop’s est de 58,8 M$.  

Selon Mme Goyette, la plus grosse perte de revenus (5,4 M$) est liée aux entreprises auxiliaires, comme les résidences, la location de salles pour la présentation de conférences et les stationnements.

Elle évalue à 2,7 M$ la baisse de revenus liés aux étudiants internationaux, dont les frais de scolarité sont plus importants que ceux des étudiants québécois.

Bonne nouvelles

Bishop’s a cependant eu des bonnes nouvelles.

Le fait que Québec base une partie du financement sur l’effectif étudiant de 2018-2019 a permis à l’établissement anglophone de toucher une plus grosse subvention que ce qu’il anticipait. La nouvelle formule de financement présentée en 2018-2019 par Québec est aussi plus avantageuse pour Bishop’s.  

Avec des pertes de revenus de quelque 6 M$ en raison de la COVID, Bishop’s a dû se serrer la ceinture. Plusieurs départs à la retraite ont eu lieu en juin, plus qu’en temps normal, note Mme Goyette. « On a aussi eu des gens qui ont décidé de partir en congé sans solde. » 

Avec la baisse d’activités dans différents services auxiliaires, certains employés occasionnels n’ont pas été rappelés. 

Rappelons que Bishop’s avait dû déposer un plan de redressement ces dernières années; elle a toutefois réussi à atteindre l’équilibre budgétaire en 2019-2020 sans faire de surplus.  

Chaque année, l’université rembourse un montant du déficit accumulé, mais elle ne pourra le faire cette année. « On avait réussi à le diminuer en 2017-2018 et 2018-2019 », assure Mme Goyette.

Bishop’s compte 2890 étudiants inscrits à la session d’automne et près de 800 employés.

La Tribune rapportait cette semaine que l’Université de Sherbrooke prévoit un déficit de 16 M$ pour 2020-2021. La direction explique ce déficit historique par la situation exceptionnelle causée par la pandémie.