Le caméraman et photographe Mario Cyr s’est arrêté à Sherbrooke dimanche pour visiter l’exposition Parcours Photo Sherbrooke où ses clichés sont présentés.

Bouleversement et conscientisation en Arctique

Depuis 1991, le photographe et caméraman Mario Cyr scrute les fonds marins de l’Arctique et capte à l’aide de son appareil photo différents moments. Depuis ce temps, la situation a bien changé dans ce coin de la Terre, un endroit de prédilection pour l’artiste expérimenté.

« Si on prend l’Arctique, qui est l’un des endroits avec l’Antarctique qui se réchauffe le plus vite sur la planète, c’est que tout est en train de se bouleverser. Les deux tiers de la glace disparaissent durant l’été, donc ç’a des conséquences énormes chez les animaux et chez les habitants », explique celui qui était de passage à Sherbrooke, dimanche, pour l’exposition Parcours Photo Sherbrooke, aux abords du lac des Nations, où ses photos sont présentées.

Depuis 1991, M. Cyr est allé 40 fois en Arctique. « J’ai eu cette chance de voir quand ça allait bien. Les grands bouleversements sont arrivés en 1992 et 1993. Un ours polaire devait manger entre 40 et 50 phoques par année, avant 1993, ça allait bien. Aujourd’hui, c’est complètement différent. Tout ça est dû à cette glace qui diminue et donne beaucoup de difficulté à ces animaux. La glace est le moteur de toute la vie de l’Arctique », indique le natif des Îles-de-la-Madeleine.

De plus, selon lui, tout est interrelié. « Ce qui se passe en Arctique a une influence directe sur le climat d’ici. Souvent, les gens me demandent ce que sont les changements climatiques, car on a des périodes de froid intense. Mais c’est causé par l’Arctique qui se réchauffe. Au mois de juin, à Alert [la station de l’Armée canadienne au Nunavut], il a fait 21 degrés. C’était plus chaud qu’à Vancouver et aux Îles-de-la-Madeleine », rappelle-t-il.

Mario Cyr tente de faire réagir à l’aide de ses clichés. « Plein de gens et d’organismes vont parler des changements climatiques avec leur façon de faire, considère-t-il. Moi j’ai choisi de le faire par la beauté, comment peut-on faire pour maintenir ces beautés pour les générations futures? C’est un peu mon rêve, c’est pourquoi je fais des conférences dans les écoles, pour rencontrer les jeunes et montrer comment ça se passe. »

Une belle conscientisation

Quelles questions sont les plus abordées lors de ces conférences? « Beaucoup de questions sont posées par rapport aux animaux et sur ce qu’on peut faire pour changer ça. Une conscientisation s’est faite dans les cinq dernières années, qui est assez incroyable. J’ai commencé à faire des conférences il y a une dizaine d’années et au début, c’était un peu décourageant. Il y avait beaucoup de climatosceptiques. Il y en a de moins en moins. Pour moi, c’est un peu une mission réussie. Ce qu’il faut présentement, c’est de poser des gestes, d’arrêter de consommer du plastique à usage unique et utiliser le pétrole le moins possible », résume l’artiste.