Boulevard René-Lévesque : le partage de coûts pose problème

C'est le partage des coûts pour la construction d'infrastructures municipales qui achoppe dans les négociations avec les propriétaires de terrains dans le secteur du boulevard René-Lévesque. Le maire Bernard Sévigny croit qu'une entente est imminente et réitère que la Ville ne souhaite pas procéder à des expropriations.
Rappelons que les travaux pour la construction du boulevard René-Lévesque devaient commencer au début avril. Il n'y a toujours pas eu d'activités sur le chantier. La conseillère Annie Godbout s'est interrogée devant cette situation mardi. Le directeur du Bureau des projets majeurs, Denis Gélinas, expliquait mercredi qu'il restait encore des choses à négocier avant de lancer le déboisement.
« Ce n'est pas pour l'acquisition de terrains qu'il y a des discussions, mais pour le partage de coûts. C'est usuel dans les grands projets comme celui-là. Nous avions une entente, ça frotte un peu et il faut en rediscuter. Nous faisons ça dans les prochains jours. Nous voulons signer l'entente définitive avant le début des travaux. On a cinq, six mois devant nous. Nous devons livrer un accès pour la construction de l'école à la hauteur de Matisse et nous sommes dans les délais », commente Bernard Sévigny.
« C'est le partage des coûts qui achoppe. Il y a des travaux municipaux qui devraient être à la charge des propriétaires parce qu'ils vont en profiter. Ce ne sont pas que pour les terrains en devanture du boulevard. Il y a des terrains en arrière-lot qui en profiteront. Il y a un niveau de complexité sur la façon dont se développeront ces terrains. C'est ce que nous essayons d'attacher. Nous sommes clairement dans le partage de coûts pour que ce soit équitable pour les propriétaires et les contribuables. Le contrat est donné et les travaux vont se faire. »
M. Sévigny ne s'inquiète donc pas des délais encourus jusqu'à maintenant.
« Nous sommes encore en avril. Les travaux devaient commencer en avril. Même si c'était dans la première de mai, ça ne nous mettrait pas dans l'embarras sur la faisabilité et l'échéancier. Ce sont des projets très complexes dans lesquels il y a beaucoup de parties prenantes. Ce sont des gens d'affaires et il faut un modèle équitable. Nous sommes dans le dernier fignolage parce que ça fait des mois, des années que nous discutons avec les différents promoteurs.
« On ne voit pas de raison pour laquelle nous ne signerons pas d'entente dans les prochains jours. S'il n'y a pas d'entente, nous expliquerons où le bât blesse et qui est responsable de ces délais, mais pour le moment, c'est usuel. Ça fait 12 ans que le plateau Saint-Joseph est en activités et tout n'est pas réglé... »
Selon Bernard Sévigny, il n'est donc aucunement question d'exproprier qui que ce soit. « L'expropriation est un outil de dernier recours quand on ne peut pas régler de gré à gré. S'il fallait exproprier aujourd'hui, on décalerait le projet d'un an. Il n'est pas question d'exproprier. La première approche, la plus raisonnable, c'est de s'entendre de gré à gré. »