Le nombre d’accidents avec les piétons a diminué de pratiquement 50 pour cent passant de 61 au lancement du projet-pilote Bon pied bon œil en 2004 à 39 en 2018, au grand plaisir de Steve Lussier, maire de Sherbrooke, Maryse Boulanger, agente de liaison et instigatrice de Bon pied bon œil, et Danielle Berthold, conseillère municipale et présidente du comité de la sécurité publique.

Bon pied, bon oeil cible le cellulaire... des piétons

C’est en ciblant l’utilisation du cellulaire par les piétons, tant adolescents qu’adultes, que le programme Bon pied bon œil souligne ses 15 ans d’existence à Sherbrooke.

« Nous avons remarqué que les cellulaires causent une distraction. Nous essayons de sensibiliser les gens à prendre de bonnes habitudes aux passages de piétons qui pourront se transposer lorsque les gens conduisent », mentionne l’agente Mylène Laplume de la division de sécurité des milieux du Service de police de Sherbrooke.

Le nombre d’accidents avec les piétons a diminué de pratiquement 50 pour cent passant de 61 au lancement du projet-pilote en 2004 à 39 en 2018. « Je constate une grande amélioration. Ce n’est pas parfait, mais dans l’ensemble les gens respectent en grande majorité les passages pour piétons. C’est le tout, soit de la prévention et la répression, qui fonctionne », mentionne l’agente de la division de sécurité des milieux du SPS.

Elle n’identifie pas d’âge spécifique relatif aux personnes ne respectent pas les passages pour piétons.

« C’est généralisé autant chez les enfants, les adultes que les personnes âgées », remarque Mylène Laplume.

Elle perçoit que les intersections aux feux de circulation où les passages sont semi-protégés sont plus problématiques. « Il faut apprendre aux conducteurs à tourner seulement lorsqu’il n’y a pas de piéton même s’il y a une flèche verte. Un piéton engagé aura toujours priorité si le signal qui lui permet de traverser est actionné », rappelle l’agente Laplume.

Elle note que les intersections plus achalandées présentent plus de problèmes.

Travail à faire

Sur les lieux où le programme de sensibilisation a pris naissance sur le plateau Marquette, les directeurs des deux institutions secondaires qui y sont situées affirment que le respect des passages pour piétons demeure difficile.

Pendant le point de presse qui se déroulait, jeudi, au passage de piétons situé devant le Séminaire de Sherbrooke, un adolescent et son grand-père traversaient la rue Marquette à un endroit non autorisé. « Il reste du travail à faire. Il faut amener les gens à faire l’effort de traverser aux bons endroits. On essaye de le travailler avec nos élèves. Il y a aussi une sensibilisation à faire avec les automobilistes », mentionne le directeur du Collège du Mont Notre-Dame, Éric Faucher.

« Ce n’est pas seulement une question d’élèves. Il y a plusieurs automobilistes qui conduisent de façon dangereuse, qui se stationnent dans les endroits interdits et qui ne respectent pas la signalisation. Il y a aussi malheureusement encore beaucoup de piétons qui ne traversent pas aux endroits indiqués particulièrement sur la rue Peel », ajoute la rectrice et directrice générale du Séminaire de Sherbrooke, Caroline Champeau.

Les deux directeurs s’entendent pour dire qu’ils vont mettre l’emphase dans leurs écoles respectives sur la cible de Bon pied bon œil concernant la distraction qu’entraine le cellulaire en diminuant l’attention des piétons sur la route. 

Fierté

L’agente Maryse Boulanger du SPS est fière du chemin parcouru par le projet qu’elle a démarré il y a quinze ans. « Je suis persuadée que les mentalités ont changé. Lorsque l’on circule à Sherbrooke, on constate qu’il y a beaucoup plus de gens aux passages de piétons et qui respectent les feux de piétons. Au début de Bon pied bon œil, je disais que ça prenait dix ans pour changer des mentalités. Je pense qu’on est rendus là. À un point tel que l’on peut amener autre chose comme l’utilisation du cellulaire. On traverse aux bons endroits, mais on le fait de façon dangereuse », remarque Maryse Boulanger. 

Le programme Bon pied bon œil a été exporté dans plusieurs municipalités du Québec depuis sa création.

« Le fait que Bon pied bon œil soit un programme de la SAAQ, ça me remplit de fierté », signale Maryse Boulanger.

Concours

La campagne 2019 de Bon pied bon œil se déroulera sous le thème : « Lâche ton cell, lâche ton fou ».

Un concours invitera les 12 à 25 ans à placer l’image de la campagne sur leur cellulaire et à participer à un concours après avoir répondu à des questions de sécurité routière.