Boisé Fabi : Déçu, Tremblay blâme les «menaces de certains groupes»

Le conseiller Pierre Tremblay rapporte dans un communiqué publié vendredi qu’il avait trouvé un compromis pour éviter qu’une rue traverse le boisé Fabi, dans le district du Lac-Magog. Il blâme les « menaces de certains groupes » pour expliquer la décision du promoteur Jacques Vallée d’aller de l’avant avec le projet tel que déposé en 2014.

Sa collègue Évelyne Beaudin rapporte pour sa part que le compromis était moins avantageux que le passage d’une rue dans le boisé.

Rappelons que la Ville a acquis une partie du boisé Fabi, en 2014, pour en assurer la protection. Il était toutefois convenu que le promoteur puisse construire une rue qui traverserait le boisé pour désengorger la rue Bertrand-Fabi, pour assurer une deuxième sortie du quartier et pour permettre à la Ville d’y passer les services d’égout et d’aqueduc. 

Depuis, la Ville a entrepris des discussions avec le promoteur pour amoindrir les impacts des travaux à effectuer. Deux scénarios étaient toujours sur la table lundi, mais le promoteur a mis fin aux délibérations jeudi en annonçant qu’il construirait la rue comme prévu. 

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Pierre Tremblay a refusé d’accorder une entrevue sur le sujet, mais a indiqué dans un communiqué qu’il était déçu. « Je travaille depuis trois ans à développer une seconde option afin de rendre accessible le parc à l’ensemble de la population. Le promoteur avait le choix entre une solution légale et une solution morale. Malheureusement, devant les menaces de certains groupes, le promoteur a choisi de conserver son droit acquis. »

M. Tremblay affirme qu’il avait trouvé un compromis qui protégeait l’accessibilité au parc, un compromis qui permettait une consultation publique, sans donner plus de détails. Il juge maintenant que le boisé sera enclavé et qu’il sera accessible presque exclusivement aux 55 propriétaires de résidences bordant le terrain. Il estime donc qu’il sera inutile d’investir plusieurs dizaines de milliers de dollars de fonds publics pour faire des aménagements dans le parc.

Le conseiller Pierre Tremblay affirme qu’il avait trouvé un compromis pour éviter le passage d’une rue dans le boisé Fabi.

« Il est toujours difficile d’ouvrir un dossier qui avait déjà été fermé, d’autant plus lorsque des décisions légales avaient été prises. Je tiens à remercier les collègues du conseil municipal qui m’ont appuyé à l’unanimité pour la tenue d’une consultation publique. Je ne regrette en rien de m’être battu pour les résidents de mon district. J’ai tout donné et malgré le dénouement, j’ai fait mon travail d’élu », indique M. Tremblay.

Une option inintéressante

La chef de l’opposition désignée, Évelyne Beaudin, cherche à nuancer les propos de son collègue. « Ce que M. Tremblay appelle un compromis était une option inintéressante, voire pire que la première, parce qu’elle impliquait de couper encore plus d’arbres dans le secteur où sont les sentiers. J’ai l’impression que la raison pour laquelle il se battait était pour pouvoir dire qu’il avait pu tenir une consultation. »

Mme Beaudin déplore que M. Tremblay ait été mandaté pour discuter seul avec le promoteur, plutôt que de confier cette tâche aux services municipaux. « On nous dit que six options ont été étudiées, mais quand on pose des questions, on ne veut pas nous les présenter. J’ai remis en question le fait que M. Tremblay menait le dossier seul. Je trouve disgracieux de se part de travailler seul et ensuite de mettre sur le dos des citoyens l’échec des négociations. »

Rappelons que le terrain où sera construite la rue appartient au promoteur et que le passage d’une voie publique respecte l’entente intervenue en 2014.

François Villeneuve

M. Tremblay n’a que lui à blâmer

Le président de l’Association citoyenne pour la protection du boisé Fabi, François Villeneuve, se dit lui aussi déçu de la conclusion des pourparlers avec le promoteur et déplore les insinuations du conseiller Pierre Tremblay selon lesquelles des menaces de groupes de pression auraient fait avorter la possibilité d’un compromis. « C’est n’importe quoi. Il est sur une autre planète. Au contraire, s’il avait utilisé notre groupe, s’il avait été plus transparent, on aurait pu trouver des pistes à développer avec le promoteur. On aurait pu assurer une acceptabilité sociale. Il a juste lui à blâmer dans les circonstances. »

M. Villeneuve rapporte que beaucoup de citoyens trouvent inacceptable qu’une rue traverse le boisé. « Depuis le début, on nous dit qu’on consultera les citoyens et il n’y a eu aucune consultation. Ce sera une cicatrice permanente dans le parc. C’est très décevant. Si on avait un surplus d’espaces verts, ce serait différent. »

François Villeneuve ne baisse pas les bras et rapporte qu’il n’exclut aucune action pour le moment. « Nous aimerions au moins pouvoir rencontrer la Ville pour qu’elle réponde à nos questions. Les élus ont des comptes à rendre. »