Bitfarms estime que les travaux réalisés dans les derniers mois atteignent l’objectif de réduction du bruit.
Bitfarms estime que les travaux réalisés dans les derniers mois atteignent l’objectif de réduction du bruit.

Bitfarms affirme que ses murs coupe-son sont performants

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Les murs coupe-son installés par Bitfarms seraient efficaces, selon le porte-parole de l’entreprise, Marc Duchesne, qui se base sur une étude acoustique réalisée en juillet. Parallèlement, la Ville cherche à valider ou invalider ces informations avec sa propre étude, qui aurait pris fin sur le terrain mercredi. Élus et fonctionnaires ont d’ailleurs fait le point avec les citoyens mercredi soir.

Marc Duchesne confirme que l’entreprise de cryptomonnaie, installée sur la rue de la Pointe, à proximité de la plage Lucien-Blanchard, a reçu le résultat de ses analyses menées en juillet. « Notre étude indique que nos murs sont performants comme prévu. Nous sommes satisfaits des murs que nous avons installés. L’élément qu’il nous manque, c’est l’étude de la Ville pour corroborer nos résultats. »

Bitfarms a réalisé son étude sonore à la fois quand l’usine fonctionne et quand elle est à l’arrêt, de manière à comparer les données. « Idéalement, l’étude de la Ville sera complémentaire et démontrera d’où vient le bruit qu’entendent encore les citoyens. »

La Ville n’aurait toutefois pas demandé à Bitfarms d’interrompre ses activités pour sa propre étude. « Nous sommes ouverts à interrompre nos activités pour une mesure de son si on nous en fait la demande », assure M. Duchesne.

Le porte-parole de Bitfarms confirme que l’entreprise garde les canaux de communication ouverts avec la Ville concernant une possible phase 3 de travaux d’atténuation du bruit. Il rapporte que les murs coupe-son ont coûté plus de 100 000 $.

Le conseiller municipal Paul Gingues indique que l’acousticien de la Ville compte des millions de données recueillies en deux semaines et que les résultats de son étude « serviront de planche de travail » pour la suite des choses. « On va comparer les résultats de la Ville avec ceux de Bitfarms pour avoir des données scientifiques et professionnelles. »

Au Service des communications de la Ville de Sherbrooke, on confirme que les prises de son ont été effectuées entre le 13 et le 26 août dans sept endroits stratégiques et qu’une station métorologique a aussi été utilisée pour tenir compte des impacts de l’environnement sur la diffusion du bruit. Les captations se sont faites en continue pour comprendre comment le son se propage, à quel volume et à quelle amplitude. On cherche aussi à comprendre d’où vient le bruit : de Bitfarms ou d’autres entreprises.

Le conseiller Marc Denault répète qu’il reçoit toujours des plaintes de citoyens concernant le bruit, mais relève que plusieurs travaux ont cours de le secteur, entre autres des travaux routiers, la construction du complexe Humano et la construction d’un immeuble à bureaux aux Promenades King.

« Jusqu’à maintenant, nous avons fait beaucoup d’essais et erreurs. Nous voulons maintenant que la phase 3 des travaux chez Bitfarms soit la bonne », dit M. Denault.

Selon la Ville de Sherbrooke, l’objectif est de détenir toutes les informations pertinentes au moment de signer une entente avec Bitfarms dans les prochains mois, entre autres pour une nouvelle phase de travaux, de manière à atteindre une acceptabilité sociale du projet.

Le citoyen Charles Miquelon, lui, constate que le problème du bruit n’est pas réglé. « On ne nie pas que l’entreprise a pris des mesures pour réduire le bruit, mais on dit que ce n’est pas adéquat. Notre quiétude n’est pas la même qu’avant que Bitfarms soit là. »

Et si le bruit venait d’ailleurs? « Je suggère à tout esprit critique d’aller dans le stationnement de la Société de transport de Sherbrooke, à côté de chez Bitfarms, et de voir s’ils sont capables de s’entendre parler à une distance de cinq mètres. Il y a d’autres activités bruyantes, mais celle qui nous gêne, c’est celle de Bitfarms. »

M. Miquelon rappelle que le problème a été soulevé en novembre 2019. « S’il y avait un réel intérêt de régler le problème, ce serait déjà fait. Nous gardons quand même espoir qu’une solution soit trouvée. La Ville croit qu’il y a de l’ouverture de Bitfarms et nous faisons confiance au processus. »

La Ville de Sherbrooke n’est pas en mesure de chiffrer pour le moment les dépenses associées aux tests de son réalisés dans les deux dernières semaines.