La députée de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau prend la barre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, tandis que Lawrence MacAulay prend les commandes des Anciens Combattants et que Maryam Monsef hérite du Développement international.

Bibeau à la tête de l’Agriculture

La députée de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau se retrouve à la tête du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. C’est la députée ontarienne Maryam Monsef qui hérite du ministère du Développement international dans la foulée d’un modeste remaniement ministériel visant à remplacer le poste aux Anciens Combattants laissé vacant par la démission de Jody Wilson-Raybould.

La ministre Bibeau, qui était à la barre du Développement international depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, devient la première femme à se retrouver à la barre du ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. Elle remplace à ce poste Lawrence MacAulay, qui prend les commandes du ministère des Anciens combattants. Il occupera aussi le rôle de ministre associé de la Défense nationale.

À titre de ministre de l’Agriculture, Mme Bibeau devra vendre auprès des agriculteurs québécois des traités commerciaux conclus ces derniers mois, dont l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), qui ont ouvert brèche après brèche dans le système de gestion de l’offre. Elle se dit toutefois confiante d’arriver à une entente satisfaisante pour les producteurs.

« On a pris des engagements à l’égard des producteurs laitiers et des autres producteurs qui sont sous la gestion de l’offre. On a mis en place des comités de travail parce qu’on voulait avoir une discussion avec eux, on voulait qu’ils participent à l’évaluation des impacts de ces accords de libre-échange. Un premier comité a d’ailleurs déjà déposé son rapport et fait des recommandations. Ce comité de travail avait comme mandat d’évaluer les meilleurs mécanismes pour répondre aux attentes des producteurs », explique Mme Bibeau, en soulignant être « consciente que ce sont des dossiers compliqués avec des impacts financiers importants ».

Outre le dossier de la gestion de l’offre et des accords commerciaux, Mme Bibeau dit avoir hâte de découvrir d’autres mandats du ministère de l’Agriculture dont la politique alimentaire, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et les relations avec les producteurs de grains de l’Ouest canadien.

« C’est un très gros ministère avec de nombreuses responsabilités », souligne la députée de Compton-Stanstead. 

Mme Bibeau quitte le ministère du Développement international avec le sentiment du devoir accompli. « C’est déchirant quand même. Je suis toutefois très fière de la politique féministe de développement international. Elle fait une réelle différence dans la vie des filles et des femmes et c’est elles qui peuvent faire une différence dans leur communauté », commente-t-elle.  

Second remaniement en six semaines

C’est la seconde fois en l’espace de six petites semaines que le premier ministre — qui n’a pas répondu aux questions, vendredi, alors que normalement, dans ces situations, il se prête à l’exercice — procède à un rebrassage de cartes. Celui de vendredi a été provoqué par le départ de Jody Wilson-Raybould, qui avait été rétrogradée du ministère de la Justice à celui des Anciens Combattants lors du remaniement ministériel du 14 janvier dernier. Elle a démissionné environ un mois après, dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin.

« Cette période de turbulence nous rapproche au lieu de nous diviser, affirme Mme Bibeau. On est solidaire derrière Justin Trudeau et on regarde au-dessus de ces événements pour se rappeler pourquoi on s’est joint au parti libéral et à Justin Trudeau. »

Le premier ministre Trudeau a nié et a assuré que si l’ancien président du Conseil du trésor, Scott Brison, n’avait pas démissionné, il n’y aurait pas eu de remaniement, et Mme Wilson-Raybould serait toujours à la barre du ministère de la Justice.

Elle n’est plus au cabinet depuis le 12 février, mais jusqu’à nouvel ordre, elle est toujours membre du caucus libéral. Avec La Presse Canadienne