Béton provincial en lock-out

Béton provincial de Sherbrooke est en lock-out depuis minuit dans la nuit de lundi à mardi. Seize employés syndiqués sont touchés par cette décision de la direction. Un recul dans les conditions salariales serait au cœur du conflit.

« On négocie depuis bientôt six mois et dès le départ on a vu les couleurs de l’employeur qui ne voulait rien concéder et qui au contraire a décidé de sabrer les conditions de travail. Lundi, il nous a donné un ultimatum. Soit on acceptait son offre finale, soit il tirait la plogue », a expliqué le représentant syndical de la CSD Bernard Cournoyer, précisant que la convention collective est échue depuis le 30 septembre 2017.

« Lors de l’assemblée générale lundi soir, les employés ont rejeté l’offre patronale à 96 pour cent. Nous avons alors fait une contre-proposition qui était très raisonnable compte tenu des circonstances. Nous avons à notre tour donné un ultimatum à l’employeur qui a refusé notre contre-proposition et mis l’entreprise de Sherbrooke en lock-out », ajoute M. Cournoyer.

L’offre patronale prévoyait notamment un gel de salarial de 5 ans, l’élimination du REER collectif dans lequel l’employeur déposait 4 pour cent, le retrait de trois jours fériés, les heures supplémentaires payées seulement après 12 heures dans une journée et l’obligation d’être disponible jusqu’à 10 h 30 le samedi pour les camionneurs, énumère le représentant syndical de l’entreprise dont le siège social est situé à Matane.

L’entreprise compte 85 usines, 450 bétonnières et quelque 1600 employés. La direction des ressources humaines n’a pas retourné les appels de La Tribune.

« On va voir ce qui va arriver dans les jours à venir. Est-ce qu’on ira en conciliation? On verra. Nous, on est équipé pour veiller tard. Les travailleurs sont déterminés à se faire respecter »

« C’est un employeur qui dit tout le temps que ses travailleurs sont importants pour lui et que ses employés sont les mieux rémunérés dans le béton, mais à voir comment il les traite. Selon moi, Béton provincial souhaite écraser la concurrence et pour se faire, il veut réduire ses coûts et par le fait même les salaires des employés », estime M. Cournoyer.

En mars 2015, 40 employés syndiqués de l’usine de Trois-Rivières de Béton provincial avaient été touchés par un lock-out. Les travailleurs avaient accepté une offre patronale et entériné une nouvelle convention collective après trois semaines de lock-out. Le syndicat était resté « amer » par rapport à ce règlement jugeant que la direction souhaitait « casser le syndicat avant l’été, car c’est là qu’il fait de l’argent ».

— avec Le Nouvelliste.