Bestar vient s’établir à Sherbrooke

Bestar, entreprise méganticoise œuvrant dans la conception, la fabrication et la distribution de meubles, s’installe dans le parc industriel de Sherbrooke. Elle y commencera dans les prochains jours la construction d’un bâtiment de 4500 mètres carrés (environ 50 000 pieds carrés).

Bestar a choisi un terrain du boulevard de Portland, entre les rues Robert-Boyd et Joseph-Louis-Mathieu. Les investissements totaux s’élèvent à 7,44 M$ et permettront la création d’une quinzaine d’emplois d’ici un an. Bestar compte déjà 200 employés à Lac-Mégantic et y poursuit son recrutement.

« Il s’agit d’installer à Sherbrooke une petite ligne de production, automatisée au maximum, pour la production de petits produits pour le marché américain et les ventes en ligne », révèle Gilles Pansera, actionnaire de Bestar.

« Nous avons de grosses lignes de production à l’usine de Lac-Mégantic, qui produisent des volumes plus importants. À Sherbrooke, nous allons desservir des nouveaux clients et intensifier notre présence sur le web. Il est important de mentionner que nos activités principales resteront toujours à Lac-Mégantic, car c’est notre pain et notre beurre! », ajoute-t-il.

Les activités de l’usine sherbrookoise devraient commencer à l’automne 2019.

« Bestar est un fleuron de l’industrie du meuble en Estrie, et nous nous réjouissons de voir que l’entreprise poursuit sa croissance en région » a déclaré Josée Fortin, directrice de Sherbrooke Innopole, dans un communiqué. 

Le prix de vente du terrain a été établi à 4,55 $ le mètre carré en fonction des travaux permanents à réaliser. La Ville devra par ailleurs déplacer un cours d’eau, conformément à un certificat d’autorisation émis par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Les frais liés à cette relocalisation seront assumés par la Ville de Sherbrooke.

La conseillère Évelyne Beaudin s’est d’ailleurs montrée inquiète de la stratégie pour établir le prix de vente des terrains et de la relocalisation du cours d’eau. 

« Ça m’inquiète beaucoup de voir qu’on va relocaliser un cours d’eau. Il a été mentionné que c’est quelque chose d’inhabituel. Pour moi, c’est le genre de choses qu’on faisait en 1975. On m’a répondu que c’était pour protéger le cours d’eau mais j’aurais aimé avoir plus de détails. »

Mme Beaudin souhaite que la Ville se dote d’une politique de vente des terrains industriels et d’une vision urbanistique en développement industriel. « J’ai l’impression qu’on étudie un cas à la fois, mais nos ressources en terrains sont limitées et il est difficile de prendre une décision sans avoir une vision d’ensemble. Est-ce que les congés de taxes sont efficaces? Est-ce qu’on vend les terrains au bon prix? J’ai l’impression que la durée des congés de taxes dépasse la durée de vie de plusieurs entreprises. »

Marie-France Delage, directrice générale adjointe, relations avec la communauté, a précisé que Sherbrooke Innopole fait un bilan annuel des terrains vendus. « La politique de vente de terrains est appliquée de façon conforme et elle a permis de développer le parc industriel régional de Sherbrooke à 65 % à ce stade-ci. Ça va de soi qu’il est toujours d’actualité d’évaluer notre potentiel de rétention. C’est ce que nous ferons dans la prochaine année. »

Marc Denault ajoute que « le succès du parc industriel ne date pas d’hier. Il y a trois conseils qui ont travaillé à le développer. On se faisait dire à l’époque que pour attirer des entreprises, il fallait avoir des terrains prêts à bâtir. »

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, insiste pour dire que la politique concernant la vente des terrains relève du conseil municipal. « Je me rappelle que M. le maire a dit qu’il faudrait revoir le tout et faire des comparables avec les autres villes. Il n’y a pas que Mme Beaudin qui s’en préoccupe. On ne fait pas que s’en préoccuper, on s’en occupe. »