Pour le ministre Gaétan Barrette, il existe une solution pour réduire les délais dans les salles d’urgence des hôpitaux, et ce, sans même avoir besoin d’une seconde super-clinique à Sherbrooke : les médecins de famille doivent se mettre à travailler selon l’horaire de l’accès adapté.

Besoin d’une 2e super-clinique?

La Ville de Sherbrooke aura-t-elle sa deuxième super-clinique? Peut-être. La Clinique Plateau Marquette, déjà surnommée comme la future « super-clinique de l’Ouest », continue de chercher des médecins pour réussir à combler son défi d’offrir 20 000 rendez-vous annuellement à une clientèle sans médecin de famille. Pour le ministre Gaétan Barrette, il existe cependant une solution beaucoup plus simple pour éliminer les délais interminables dans les salles d’urgence des hôpitaux, et ce, sans même avoir besoin d’une seconde super-clinique : les médecins de famille doivent se mettre à travailler selon l’horaire de l’accès adapté.

« La Clinique Plateau Marquette s’est construit un magnifique bâtiment et l’effet des locaux neufs a eu pour effets d’attirer des médecins qui font tous de la prise en charge de patients. En plus, ils fonctionnent selon l’accès adapté, ce qui facilite grandement l’accès à des rendez-vous en urgence pour les patients inscrits. Et ça, les gens de la clinique le font déjà très, très bien. Je ne peux pas leur dire d’arrêter de faire ce qu’ils font déjà très bien, c’est-à-dire de recevoir leur clientèle inscrite selon l’accès adapté, pour devenir une super-clinique et offrir des rendez-vous à la clientèle non inscrite. Ça n’aurait pas de sens! » clame le ministre Gaétan Barrette.

Où aller?

Or, la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS travaille constamment à enseigner aux patients qu’ils doivent éviter la salle d’urgence pour tous les problèmes de santé mineurs. Mais où peuvent donc aller les malades sherbrookois quand il leur est impossible d’avoir un rendez-vous à la clinique où travaille leur médecin ou encore, quand ils n’ont pas de médecin de famille?

« En Estrie, un peu plus de 85 % des gens sont inscrits auprès d’un médecin de famille. Si tous les médecins travaillaient selon l’accès adapté, on n’aurait pas besoin d’avoir une deuxième super-clinique. Ces super-cliniques sont là pour répondre à deux besoins en plus de desservir les gens qui n’ont pas besoin de médecins de famille : lorsque les groupes de médecine de famille (GMF) ont des surcharges ponctuelles, comme en période de grippe, ou les samedis et dimanche après-midi étant donné que les GMF doivent offrir seulement quatre heures de services les fins de semaine », illustre Gaétan Barrette.

Au fait, qu’est-ce que l’accès adapté? Les médecins qui travaillent selon cette pratique ont délaissé leur pratique de « médecine de suivi » pour une « médecine selon le besoin », c’est-à-dire qu’ils gardent plusieurs plages horaires disponibles pour les patients qui ont des problèmes urgents ou semi-urgents, bref, pour voir leurs patients « quand les patients en ont vraiment besoin ».

« Les médecins qui ont fait le saut sont très, très satisfaits. Ils pratiquent une vraie médecine, une médecine valorisante, ils font vraiment une différence pour leurs patients. Mais ça représente un changement de pratique important et plusieurs médecins font de la résistance au changement. Moins du tiers des médecins de famille travaillent selon l’accès adapté. Il faut que ce soit plus. Si tous les médecins de famille travaillaient en accès adapté, on n’aurait pas besoin d’une deuxième super-clinique à Sherbrooke », assure Gaétan Barrette.

Le Centre de réadaptation pour la jeunesse Val-du-Lac souhaite faire des travaux d’environ 15 M$ pour rafraîchir plusieurs de ses pavillons dont la construction remonte aux années 1960.

Les rénovations à Val-du-lac comme priorité

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS souhaite offrir une cure de jeunesse d’environ 15 M$ au Centre de réadaptation pour les jeunes Val-du-Lac, un projet qui serait échelonné sur trois ans afin de faciliter l’hébergement de jeunes durant les travaux puisque l’établissement ne compte aucun espace de débordement. Les besoins sont pressants, alors que dans certaines unités, les salles de retrait ne correspondent plus aux méthodes d’intervention qui sont utilisées actuellement... entre autres problèmes. Or si les besoins sont pressants, le financement reste à attacher.

« Un projet de rénovations à Val-du-lac? Ça ne s’est pas encore rendu sur mon bureau », soutient le ministre Gaétan Barrette.

Lorsque les projets de rénovations ou de construction arrivent sur le bureau du ministre Barrette, « ils sont ordonnancés en fonction de l’urgence du besoin et du niveau de vétusté des installations ou les deux lorsque c’est le cas ».

« Le problème, c’est que je n’ai pas assez d’argent pour faire tous les projets. Et ça soulève aussi la question suivante : combien de projets comme Val-du-lac j’aurais pu faire avec le 198 M$ du projet du Centre mère-enfant et l’urgence de l’Hôpital Fleurimont? » nuance le ministre Barrette.

Les différentes infrastructures du Québec ont reçu une évaluation de leur vétusté au cours des dernières années, aile par aile dans certains cas lorsque des travaux ou des agrandissements ont été faits. Le classement va de A pour les infrastructures les plus neuves jusqu’à E pour celles dont la durée de vie tire à sa fin. Il a été impossible de savoir vendredi qu’elle était la cote reçue par les différents pavillons de Val-du-lac, dont la construction remonte aux années 1960.
Or on risque bien d’entendre parler du projet au cours des prochains mois, car il est maintenant au cœur des priorités de la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Le conseil d’administration a demandé qu’on accélère le projet. Maintenant, c’est le projet auquel on va s’attarder et pour lequel on veut trouver les argents et les fonds nécessaires pour que ça se réalise le plus vite possible. Ça ne prendra pas dix ans je vous l’assure. Pour nos jeunes qui sont en difficultés, c’est un projet qui est placé dans les urgences », a fait savoir Jacques Fortier, le président du conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.