Nicole Bergeron : « Je suis une fille d’équipe et je souhaite entendre tous les points de vue. »

Beaudin et Bergeron s’affrontent

L’harmonie précaire du conseil municipal a de nouveau été mise à rude épreuve, jeudi à l’hôtel de ville, alors que la conseillère Évelyne Beaudin a reproché à ses collègues de rejeter systématiquement ses idées. La présidente du conseil, Nicole Bergeron, s’est particulièrement sentie visée à titre de présidente et a tenté de modérer le débat. Mme Bergeron en est venue à inviter sa collègue pour une bière de façon à régler leurs différends.

La séance extraordinaire du conseil municipal, qui visait un amendement au règlement 1 de la Ville, s’annonçait courte. C’est au moment de proposer un amendement que Mme Beaudin s’est emportée. 

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« J’ai repassé à travers le règlement et j’ai vu quelque chose que j’aimerais proposer. Je me suis mise à angoisser parce qu’il est difficile d’apporter quelque chose à la table du conseil. Chaque fois, je ne me sens pas écoutée. Chaque fois, j’ai l’impression qu’on me reprochera de dénigrer le travail des fonctionnaires ou de manquer de respect à mes collègues parce que je n’ai pas déposé ma proposition plus tôt. Nous devrions travailler sur le climat. Si moi je me sens comme ça, peut-être que d’autres ne se sentent pas à l’aise de proposer des changements. J’angoisse parce que je vois un risque de me faire rabrouer », a indiqué Mme Beaudin en préambule de sa proposition d’amendement.

Une fois l’amendement adopté, Nicole Bergeron a tenté de calmer le jeu. « Vous inférez que des gens sont mal à l’aise de proposer des idées ou de les appuyer. Personne d’autre ne m’a dit qu’il se sentait bâillonné ou qu’il y avait un malaise. Ce qu’on dit, c’est que par respect pour les membres du conseil, auriez-vous pu soumettre votre idée par téléphone ou par courriel pour qu’on se fasse aller le hamster. Sur le fond, il n’y a pas de problème, mais donnons-nous un peu de marge de manœuvre pour voir les choses venir. Ce que je n’aime pas, c’est que vous inférez en présence de journalistes qu’on ne permet pas les échanges et les débats. Je suis une fille d’équipe et je souhaite entendre tous les points de vue. »

Mme Bergeron a invité ses collègues qui auraient un malaise avec sa façon de faire à la contacter et à s’exprimer. 

Rappelons que Pierre Tremblay s’en était pris à la présidente du conseil, en mars, en lui reprochant de manquer de neutralité. Il s’était par la suite excusé.

Travail d’équipe

Annie Godbout s’est sentie interpellée. « J’ai vécu un autre mandat et j’ai appris que quand on sème le vent, on récolte la tempête. La posture qu’on prend a un impact sur la confiance qu’on crée autour de nous. Il est souhaitable de travailler en équipe. Je vous invite à nous revenir et de nous dire c’est quoi pour vous le travail d’équipe. Comme ça, tout le monde pourrait mettre de l’eau dans son vin. Je trouve que vous avez beaucoup de bonnes idées. Vous êtes inspirante pour plusieurs citoyens, et avec raison. Maintenant, ce serait l’fun de travailler ensemble. »

Évelyne Beaudin avait interrompu Mme Gobdout pour lui demander de la vouvoyer. Elle a aussi déploré que, mardi, Nicole Bergeron avait laissé entendre qu’elle s’exposait à certaines critiques en raison de la façon dont elle abordait les dossiers. « Est-ce que toutes les idées sont abordées de façon équitable? Je ne crois pas », a ajouté la représentante de Sherbrooke Citoyen.

Julien Lachance a déclaré qu’il « reste du travail avant de faire l’unité dans ce conseil-[là] ». « Je ne sais pas si on va y arriver. »

« Je vous invite à aller prendre une bière ensemble. On va jaser de comment ça peut mieux se passer. Je vais prendre cette responsabilité, mais nous avons tous une responsabilité sur le climat qu’on veut autour de la table », a ajouté Nicole Bergeron à l’endroit de sa collègue.

Le maire Steve Lussier a rappelé que tous les élus ont le même droit de parole et que Mme Beaudin a toutes les raisons d’être bien préparée au conseil puisqu’elle a la chance « d’avoir des personnes qui travaillent pour » elle. Il a rappelé que le cabinet de la conseillère coûtait 180 000 $ au budget.

« On se challenge sur certains dossiers, ce qui est tout à fait normal. Nous sommes quand même en harmonie. Tout le monde est capable de se parler. Il peut arriver que des gens s’emportent à cause de la fatigue, mais nous méritons tous de nous parler. Tous les élus arrivent avec des bonnes idées pour la Ville de Sherbrooke. »

Le directeur du cabinet de Mme Beaudin, Claude Dostie, a déploré un « paradoxe » sur Facebook, déplorant à son tour ce qu’il considère comme un traitement inéquitable des élus.