Évelyne Beaudin

Beaudin déplore une vente de feu des terrains municipaux

La conseillère Évelyne Beaudin s’inquiète d’une « vente de feu » de terrains municipaux. Alors que le débat fait toujours rage sur la vente du parc Willie-Bourassa-Auger, deux autres terrains municipaux ont été vendus par la Ville la semaine dernière. Selon Mme Beaudin, la Ville a obtenu moins de 50 % de la valeur des terrains.

Sur sa page Facebook, l’élue déplore que le comité exécutif puisse procéder à des ventes pour des prix situés sous les 100 000 $ sans passer par le conseil municipal. « Mardi dernier, le comité exécutif a approuvé à huis clos la vente de deux lots appartenant à la Ville de Sherbrooke. »

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Le premier terrain, situé sur la rue du Prince dans Ascot, a une superficie de 905 m2 et est évalué à 54 300 $. La Ville n’en vend toutefois que la moitié et obtient un prix de 11 900 $. L’acheteur, un voisin, souhaite agrandir son stationnement.

Le deuxième terrain, sur la rue du Printemps dans Saint-Élie, a une superficie de 10 330 m2. Il avait été acquis lors d’une vente pour défaut de taxes et avait été payé 5705 $ par la Ville. Il a été mis en vente pendant trois mois et le meilleur prix obtenu se situe à 46 000 $. L’évaluation municipale est de 107 000 $.

« Lundi, avant la rencontre du comité exécutif, j’ai tenté d’interpeller mes collègues sur le sujet pour remettre en question ces ventes de terrain et demander à ce que les dossiers de vente de terrain soient entérinés au conseil municipal, pas seulement au comité exécutif. Le comité exécutif a tout de même approuvé la vente mardi. Ces propriétés publiques sont maintenant privées. La vente est conclue », lit-on sur la page Facebook d’Évelyne Beaudin.

« Ce dossier soulève plusieurs questions. Est-ce qu’on aurait voulu maintenir ces terrains en espaces verts? Est-ce qu’un projet de logement abordable aurait pu être envisagé? Est-ce qu’on reçoit vraiment le juste prix pour ces propriétés? Quel est le processus de vente et d’achat de terrains par la Ville et quels sont les principes qui la guident? Il est temps que la Ville se dote d’une stratégie raisonnée de gestion de sa réserve foncière », ajoute-t-elle.

« Si nous n’avions pas soulevé ces ventes, personne ne l’aurait su. Nous avons absolument besoin d’une politique qui encadre la vente de nos terrains. J’aimerais savoir quels bénéfices les citoyens tirent de ces ventes. On peut se demander combien d’autres ventes nous échappent. Quand il n’y a pas de changement de zonage nécessaire, les citoyens ne peuvent pas s’interposer. Si on veut vendre des terrains, j’espère au moins qu’on obtient des bons prix. »

Le maire Steve Lussier rapporte pour sa part qu’on « ne peut pas se fier à la valeur au rôle d’évaluation ». « Nous suivons des statistiques, tenons compte de la topographie du terrain et du coût des améliorations à apporter. Dans le secteur d’Ascot, le prix est réduit à cause de la topographie. Nous avons aussi le premier droit de refus s’il doit être revendu. Une rue devait passer par là, mais nous avons décidé de ne pas l’ouvrir.

« Pour Saint-Élie, c’est derrière un parc de maisons mobiles. Il n’y a pas beaucoup de façade et il y a aussi beaucoup de reprises de finances dans le secteur... Ça fait baisser la valeur. »

M. Lussier ajoute que les ventes de terrains passeront probablement par le nouveau Bureau de l’environnement, qui pourrait évaluer le prix le plus adapté selon la configuration et la densité du couvert forestier sur les terrains.