Évelyne Beaudin
Évelyne Beaudin

Beaudin démissionne du comité de développement économique, le maire jubile

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
À la suite de désaccords dans le dossier des crédits de taxes accordés aux entreprises, la conseillère Évelyne Beaudin démissionne du comité de développement économique de la Ville de Sherbrooke. Elle en a fait l’annonce mardi soir, suscitant la joie du maire Steve Lussier, qui a qualifié cette décision de « meilleure nouvelle depuis longtemps ».

Mme Beaudin a justifié sa décision de deux façons. « Les autres membres du comité ont entériné un fonctionnement à deux niveaux. Il n’y a eu aucun procès-verbal du comité qui a été déposé au conseil municipal, même un an et demi après sa création. Une pratique que je désapprouve, c’est de tenir des séances à huis clos pour avoir deux procès-verbaux, un public, un privé. Je trouve que c’est inacceptable, d’autant que des élus souhaitent l’étendre à tous les comités de la ville. »

Steve Lussier rapporte pour sa part que le comité ne siège pas depuis un an et demi et que c'est une question de jours avant que les premiers procès-verbaux soient déposés. « Nous avons un atelier de travail et un C.A. standard. C'est comme ça partout : chez Valoris, Ascot en santé... Oui, il y a des procès-verbaux, mais pas pour les ateliers de travail. Avant de les déposer, nous voulions les réviser avec le Service des affaires juridiques. »

Évelyne Beaudin ajoute que la façon de mener le dossier des crédits de taxes, « en l’absence d’une étude coûts-bénéfices », a pesé dans la balance. Elle ne souhaite plus siéger à un comité en compagnie de M. Lussier et de sa collègue Annie Godbout. « Je ne peux accepter de me faire dire que parce que je fais partie d’un comité, je devrais être d’accord avec tout ce qui s’y dit. Quand je me fais dire que je ne comprends rien, je remets en doute votre appel à un travail d’équipe, parce que le travail d’équipe doit commencer par le respect. Comment pouviez-vous dire que vous vous occupiez du dossier des crédits de taxes il y a un an alors que vous n’avez jamais eu le contrôle? Je vais continuer à m’intéresser à la façon optimale de faire du développement économique, mais je le ferai de façon transparente. »

Le maire Steve Lussier n’a pas caché sa joie devant une telle annonce. « C’est la meilleure nouvelle que j’ai eue depuis longtemps. J’étais pour vous demander votre démission. Quand vous dites que Sherbrooke est un paradis fiscal, je doute de votre capacité à siéger sur le comité que nous avons formé. »

M. Lussier indique avoir été le premier à se lever pour demander la mise en place d’un tableau de bord pour suivre l’octroi des crédits de taxes. « J’ai demandé qu’on revienne avec un étalement des chiffres pour voir les bénéfices que ça apportait pour tous les citoyens de Sherbrooke. Les gens ont profité des gains économiques de la venue d’entreprises. Je trouve ça très positif. 

« Comme d’habitude, vous jouez à la victime. Cette fois-là, je n’embarque pas là-dedans et j’espère que la population n’embarque pas là-dedans. »

M. Lussier en a rajouté pendant la période des messages, à la fin du conseil municipal, vers minuit et demi. 

« Mon cadeau du ciel a été votre démission du comité. C’est tellement un beau cadeau. Je vous remercie sincèrement, parce que ce qu’on veut, c’est travailler dans le bon sens. En sortant d’ici, je vais aller me chercher un 6/49. »

Il a mentionné que les insultes de Mme Beaudin à son endroit sont des insultes envers la majorité de la population. « J’ai eu plusieurs insultes de votre part, de différents courriels sur vos médias sociaux. Lorsque vous m’insultez, vous insultez une grande majorité de la population, qui veut elle la prospérité de sa ville. On ne peut pas être contre la vertu. Ça n’a jamais été dit : vous êtes l’élue la plus coûteuse que la Ville de Sherbrooke ait eue jusqu’à maintenant, en prenant le parti et vous en tant qu’élue. Vous n’avez aucune leçon à donner à qui que ce soit autour de la table du conseil. »