Mathys Imbeault se trouve au volant de l’une des deux mini voitures électriques qui permettront dorénavant aux petits patients de passer un moment agréable avant de se rendre au bloc opératoire.

Au volant pour se rendre au bloc opératoire

Subir une chirurgie représente un moment stressant pour un enfant. Une nouvelle initiative vient de voir le jour à l’unité de pédiatrie de l’Hôpital Fleurimont afin de détendre les enfants : les jeunes usagers de quatre à neuf ans se rendront au bloc opératoire au volant d’une mini-voiture électrique plutôt que sur une civière.

« Le fait de conduire la mini-voiture diminue l’angoisse des enfants liée à leur expérience à l’hôpital, ce qui la rend plus positive », souligne Hélène Rodrigue, chef de l’unité de pédiatrie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Un peu plus de 1800 enfants ont subi une chirurgie à l’Hôpital Fleurimont et à l’Hôtel-Dieu en 2017-2018.

Les impacts sont concrets, comme l’ont prouvé des études en Europe et ailleurs en Amérique du Nord. « Les enfants arrivent plus calmes en chirurgie et il a été prouvé que leur calme permet de réduire les doses de médicaments administrés en anesthésie. Ils sont également plus calmes au réveil », ajoute Mme Rodrigue.

« C’est extraordinaire pour les enfants pour les calmer, pour les distraire. C’est facilitant pour eux mais aussi pour leurs parents et pour le personnel qui va prendre soin des enfants. Ça désensibilise le fait de se promener dans un hôpital, qui peut paraître froid et inhospitalier pour les enfants », corrobore la pédiatre Thérèse Côté-Boileau, chef et directrice du département de pédiatrie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Elle précise toutefois que les petites voitures n’effacent en rien la nécessité de la présence parentale qui est nécessaire aux enfants pour vivre un tel moment.


« Les départements de chirurgie d’un jour souhaitent aussi avoir une voiture pour conduire les enfants qui se rendent au bloc opératoire »
Hélène Rodrigue

Pour le moment, les deux voitures seront garées à l’unité de pédiatrie et seuls les enfants hospitalisés dans ce département pourront les conduire avant de se rendre à leur chirurgie.

Mais en ayant vent du projet, bien d’autres chefs de service ont levé la main pour en demander une dans leur département. 

« Les départements de chirurgie d’un jour, tant à l’Hôtel-Dieu qu’à l’Hôpital Fleurimont, ainsi que l’unité de pédiatrie de l’Hôpital de Granby, souhaitent aussi avoir une voiture pour conduire les enfants qui se rendent au bloc opératoire », souligne Hélène Rodrigue.

Et ça risque bien d’arriver. Peut-être même d’ici quelques semaines seulement...

En effet, ces deux mini-voitures électriques ont été offertes par le propriétaire des concessionnaires Audi et Volkswagen de Sherbrooke, Janik Dallaire. Celui-ci en a parlé avec Christian Auray-Blais, professeure-chercheure au Centre de recherche du CHUS, et celle-ci s’est mise en action pour faire tomber les barrières au niveau clinique. Pour mener à bien un tel projet, il faut le soutien de nombreuses équipes, dont le personnel de la sécurité et de l’hygiène et salubrité.

« On veut tellement trouver des façons d’aider les enfants. Ce n’est pas parce que les enfants sont petits qu’ils ne vivent pas de stress et d’anxiété... », souligne la chercheuse.

D’autres concessionnaires automobiles pourraient se prêter au jeu et accepter de commanditer d’autres mini-voitures pour les enfants qui auront à subir une chirurgie. En effet, se tenait jeudi soir l’Encan des vins de Sherbrooke au profit de la Fondation des étoiles, qui est vouée au financement de la recherche pédiatrique. 

« Des mini-voitures seront mises aux enchères afin d’être commanditées pour une année par une des entreprises présentes lors de l’événement », souligne la présidente-directrice générale de la Fondation des étoiles Josée Saint-Pierre.