Pierre Morency a beaucoup voyagé, mais a vécu une telle situation pour la toute première fois.

Atterrissage d'urgence: Pierre Morency a vécu une bonne frousse

« Regagnez vos sièges, le pilote effectuera une manœuvre dangereuse. » Ce sont des mots que personne ne veut entendre. Le Sherbrookois Pierre Morency a vécu une bonne frousse, jeudi soir dernier, lorsque l’avion d’United Airlines dans lequel il prenait place a tourné en rond dans les airs durant 45 minutes avant de procéder à un atterrissage à risque à l’aéroport de San José au Costa Rica.

Enfin sur la terre ferme, les quelque 250 passagers et lui ont été accueillis par plusieurs camions de pompiers et ambulances qui se préparaient au pire. « On n’avait pas trop d’explications. Le message était clair : les hôtesses faisaient le couloir et s’assuraient que tout le monde était attaché. Moi, j’ai mis ma télé sur maps. On voyait que l’avion tournait en rond. On a appris qu’ils vidangeaient le carburant. Les gens se posaient de sérieuses questions. Un moment donné, le pilote a annoncé qu’il allait amorcer la descente et qu’il était en communication avec l’aéroport », raconte M. Morency qui a une résidence au Costa Rica.

La descente a été assez rapide. « Dès qu’on a touché le sol, ce fut l’enfer. Les freins étaient dans le tapis. Avant qu’on arrive au sol, à 200 ou 300 pieds, on voyait des lumières de toutes les couleurs partout au sol. Il y avait une armada de camions de pompier. Quand on a arrêté, on a vu l’ampleur. On a été escortés sur quelques centaines de pieds », dit Pierre Morency, qui ne pense pas prendre le vol de United pour revenir au Québec.

« Quand l’avion s’est arrêté, on s’est levés, enchaîne-t-il. Ils ne voulaient pas qu’on sorte et naturellement, quand tu vis quelque chose du genre, tu as hâte de sortir. Ils nous ont gardé un autre 45 minutes dans l’avion. Certains pompiers s’approchaient avec des équipements. On a compris que le système de freinage était en surchauffe. Il y avait peut-être du carburant. »


« J’ai plus pensé à la frustration que j’avais de ne pas être à côté de ma blonde. »
Pierre Morency

Un autobus a ensuite fait la navette entre « le milieu de nulle part » et l’aéroport.

« Quand on est allé louer une auto, on nous a demandé : ‘‘c’était vous l’avion en détresse? ’’ Au sol, des gens savaient qu’un avion tournait en rond autour de San José, car il avait un problème », indique-t-il, attendant toujours des explications.

Pire expérience

« C’est ma pire expérience. J’ai beaucoup voyagé, et ma blonde aussi, mais c’est la première fois qu’on vit une situation semblable. On va tenter d’en savoir un peu plus de United », résume Pierre Morency.

Le plus difficile pour lui, c’est que son épouse n’était pas assise à ces côtés. « Déjà, ça nous dérangeait beaucoup. [...] J’ai levé la main et je lui ai dit que je l’aimais », décrit M. Morency.

A-t-il eu peur de mourir? « J’ai plus pensé à la frustration que j’avais de ne pas être à côté de ma blonde, qui était juste de l’autre côté. C’est une des très rares fois qu’on voyage sans être ensemble. C’est ce que je trouvais le plus difficile. Pour le reste, il fallait rester calme. Quand tu es au sol, sorti de cette situation, c’est là que tu réfléchis. Plus jamais on ne va partir sans avoir un siège l’un à côté de l’autre », répond Pierre Morency, en entrevue via FaceTime avec La Tribune.