Les élus sont ouverts à des ajustements à l'hôtel de ville.

Ateliers publics moins nombreux: les élus prêts à des ajustements

SHERBROOKE — Les conseillers municipaux se sont montrés surpris, à première vue, que les ateliers publics soient moins nombreux en 2018. S’ils admettent qu’une réflexion pourrait être appropriée, ils n’y voient aucune atteinte à la transparence.

Julien Lachance n’avait pas porté attention à la diminution du nombre de séances de travail publiques. « J’ai l’impression que nos conseils municipaux sont plus longs qu’avant. Je suis de ceux qui disent que quand on est capables de régler un sujet en public, il faut le faire. Avant de les amener en public, on aime parfois se parler. Il ne serait peut-être pas mauvais de se poser des questions à savoir si nous pouvons amener plus de sujets en public. Est-ce que ce serait plus efficace de présenter plus de dossiers en public? Je me questionne. Ce qui est important, c’est d’être efficace. »

M. Lachance estime que certaines séances médiatisées peuvent, au final, être moins transparentes. « Ça peut enlever de la transparence parce que certains s’empêcheront de faire des interventions. En huis clos, nous pouvons avoir des réflexions plus franches. Je suis pour le juste équilibre là-dedans. »

Annie Godbout convient que ce sont toutes les façons de faire qui ont été modifiées depuis le changement de garde à l’hôtel de ville. « L’analyse va au-delà de la statistique. Il faudrait voir la nature des dossiers qui sont présentés. Il y a une partie de l’étude budgétaire que j’aurais faite en public, ça c’est certain, et il m’est arrivé de voir des présentations et d’être surprise que ce ne soit pas directement devant public. Mais nous avons un défi de cohésion entre le politique et l’administratif qui fait que nous sommes peut-être un peu plus prudents. Au moins, maintenant, nous avons le temps de nous exprimer à huis clos. ll y a tellement plus d’ouverture qu’avant. »

Marc Denault constate une plus grande ouverture au dialogue également. « Quand il y a des dossiers importants, on ne se gêne pas pour débattre devant public. S’il y a un dossier pour lequel je m’assurerai qu’il y aura des présentations publiques, ce sera celui du Quartier Well Sud. Les dossiers qui ne sont pas traités en plénier public sont toujours amenés au conseil municipal, qui est un endroit où on peut débattre. Des fois, il y avait une duplication des interventions qui faisait que c’était redondant. »

M. Denault laisse entendre que par le passé, certains sujets étaient traités à l’identique trois fois de suite, soit à huis clos, en plénier public et au conseil municipal. « C’était théâtral par certains moments. »

Vincent Boutin n’aime pas le mot théâtral. « Quand il est rendu 21 h et qu’un dossier n’a pas été traité en profondeur avant, les citoyens n’en ont pas pour leur argent. Quand les dossiers ne sont pas mûrs et qu’ils ont besoin d’une orientation pour qu’on creuse davantage, je comprends le huis clos. Mais il y a des dossiers traités à huis clos qui pourraient être vus en public. L’exemple probant est celui de la revitalisation de la rue Galt Ouest, avec la démolition de bâtiments entre les rues Alexandre et Belvédère. Une fois les négociations passées, nous aurions pu présenter notre vision pour permettre aux citoyens de bien comprendre où on s’en va. Il y a peut-être un ajustement à faire pour revenir à ce qu’on faisait avant. »

M. Boutin ajoute que certains dossiers ont peut-être été expliqués directement au conseil municipal plutôt qu’en atelier de travail et que l’année 2018 a peut-être servi d’apprentissage pour les nouveaux élus et les nouveaux fonctionnaires.