Après Édith Blais, un autre Canadien aurait été enlevé au Burkina Faso

Un employé canadien d'une société minière a été enlevé mardi soir par des hommes armés dans l'est du Burkina Faso, a indiqué mercredi à l'AFP un haut responsable canadien sous couvert de l'anonymat.

Plusieurs hommes armés ont mené un raid contre les installations de l'entreprise minière canadienne Progress Minerals, non loin de la frontière avec le Niger, au cours duquel ils ont kidnappé ce Canadien, a confirmé cette source, demandant à conserver l'anonymat à cause du caractère sensible du dossier.

À lire aussi: Burkina Faso: des Québécoises se disent en sécurité

L'attaque a eu lieu sur une mine aurifère située à Tiabongou, dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en proie à des attaques djihadistes récurrentes.  

« Peu importe où les Canadiens veulent voyager, je les encourage à visiter le site d’Affaires mondiales Canada qui donne des avis et qui dit si le pays est sécuritaire et quelles sont les précautions à prendre. Dans le cas du Burkina Faso, c’est clairement écrit de limiter les voyages », a commenté la ministre du Développement international Marie-Claude Bibeau, mercredi midi, lors d'un événement organisé à l'Université de Sherbrooke.

« Je comprends que c’est un travailleur dans ce cas-là. Habituellement, les entreprises qui sont implantées là-bas connaissent leur environnement, ont des mesures de protection pour leur personnel. Je n’ai pas les détails de ce cas-là. On prend cette situation au sérieux, c’est clair. Il faut être prudent. Je suis certaine qu’Affaires mondiales Canada regarde tout ce qu’on peut faire pour l’aider. »

Cet enlèvement survient alors que la Sherbrookoise Édith Blais, 34 ans, manque toujours à l'appel au Burkina Faso. Elle n'a pas donné de nouvelles depuis le 15 décembre.

Elle était partie, par la route, d'Europe jusqu'en Afrique de l'Ouest, avec un ami italien de 30 ans, Luca Tacchetto.  

Le ministre Bibeau n'a pas souhaité donné plus de détails concernant la disparition de la Sherbrookoise. « Pour les dossiers qui pourraient être des enlèvements, ça demande une certaine discrétion, mais je peux vous assurer que nous prenons ça extrêmement au sérieux. Affaires mondiales Canada suit le dossier avec tous nos partenaires au Canada et sur la scène internationale pour retrouver les Canadiens qui ont été portés disparus. »

Le 10 janvier, une trentaine d'individus armés avaient attaqué le village de Gasseliki, situé non loin de Tiabongou. L'attaque avait fait douze morts et deux blessés.  

Le Burkina Faso est confronté depuis trois ans à des attaques djihadistes récurrentes de plus en plus fréquentes et meurtrières, notamment dans le Nord.  

Le chef d'état-major général des armées du Burkina Faso Oumarou Sadou a été limogé la semaine dernière, alors que les forces de sécurité n'arrivent pas à enrayer les attaques.

D'abord concentrées dans le nord du pays, ces attaques se sont ensuite étendues à d'autres régions, dont celle de l'est, frontalière du Togo et du Bénin.

Attribuées aux groupes djihadistes Ansaroul Islam, au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) et à d'autres groupuscules, elles ont fait plus de 270 morts depuis 2015.

Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises, avec un bilan total de près de 60 morts. La dernière, en mars 2018, avait dévasté l'état-major général des armées, en plein centre-ville.

Depuis le 1er janvier, l'état d'urgence a été décrété dans 14 provinces (sur 45), réparties sur six régions ayant enregistré des attaques djihadistes.

Le Canada dispose de 250 militaires et de huit hélicoptères déployés dans le nord du Mali voisin, dans le cadre de la mission des Nations unies dans ce pays (Minusma).

- Avec Jonathan Custeau