Annie Godbout
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Annie Godbout veut un rapport d’activités de Sherbrooke Citoyen

La conseillère Annie Godbout veut plus de transparence du parti municipal Sherbrooke Citoyen. En séance du conseil la semaine dernière, elle a interpellé sa collègue Évelyne Beaudin en espérant obtenir un rapport d’activités de son cabinet « pour que les citoyens puissent apprécier le fruit de son travail ».

L’intervention de Mme Godbout survenait alors qu’était déposé le sommaire des dépenses de recherche et de soutien de tous les conseillers pour l’année 2019.

« Je n’ai rien à cacher contrairement à d’autres. Je peux faire des rapports si vous le souhaitez. Si vous avez des questions, vous pouvez me les adresser. Il me fera plaisir d’y répondre », avait rétorqué Mme Beaudin.

Précisant sa pensée, Annie Godbout rapporte que sa collègue dispose de trois enveloppes de dépenses différentes, soit le budget de recherche et de soutien attribué à tous les conseillers, le budget du cabinet (209 500 $) et le budget attribué au parti (36 000 $) pour son fonctionnement.

« Ce que je veux, c’est comprendre si cet argent est bien dépensé. Qu’est-ce que son parti apporte? Est-ce qu’il possède des études, des bilans, des documents qu’elle pourrait déposer au conseil ou en plénier? Je cherche à comprendre la différence entre les mandats qu’elle octroie pour la recherche en tant que conseillère et ceux qu’elle donne à son cabinet comme chef de parti. À quoi servent les salaires de ses employés? »

Annie Gobdout dit ne pas prêter de mauvaises intentions à sa collègue. « Plusieurs personnes se posent ces questions-là. C’est tout à fait légitime de challenger. On se demande si les cabinets peuvent réduire leurs dépenses. Je souhaite qu’on ait plus d’information, mais c’est sa prérogative de vouloir le dire. Ça servirait à mieux comprendre la dynamique d’un parti à la Ville. »

Mme Godbout souhaiterait un document du même type que le rapport d’activités de l’ombudsman. « Est-ce que ses recherches servent la population ou elles servent à monter un programme électoral? C’est ça qui est confus avec tous les chapeaux qu’elle porte. »

Évelyne Beaudin compte déposer des documents au conseil municipal mardi.

« Pour faire suite à la demande de Mme Gobdout, je vais déposer au conseil un rapport de nos dépenses de cabinet. Les autres élus ne sont peut-être pas au courant que nous avons des frais supplémentaires en raison des bâtons que l’exécutif nous met dans les roues. Nous devons par exemple avoir notre propre système de paye et on nous refuse un local municipal à proximité de l’hôtel de ville. Il n’y a rien de scandaleux dans nos chiffres. Nous ne les avons jamais cachés. »

Dans le document que La Tribune a obtenu, les dépenses 2019 du cabinet d’Évelyne Beaudin s’élèvent à 171 485 $, sur un budget de 180 000 $. Les salaires et avantages sociaux comptent pour 149 200,57 $.

Rappelons que la demande budgétaire de Mme Beaudin en 2020 est de 209 500 $ pour son cabinet, soit 50 % du montant auquel elle a droit pour un parti d’opposition en plus d’une somme pour le loyer de son local de la rue Wellington Nord.

Une liste des sujets ayant fait l’objet de recherches par le cabinet de la conseillère désignée de Sherbrooke Citoyen sera aussi dévoilée mardi. 

« Je pense sincèrement que l’objectif de Mme Gobout est politique. Elle veut remettre en question l’existence du parti de l’opposition et des partis municipaux. Je ne crois pas que sa demande est sincère. »

Évelyne Beaudin rapporte utiliser son budget de conseillère pour des recherches ponctuelles, par exemple pour comprendre le mandat donné à l’ombudsman dans d’autres villes. Le cabinet obtiendra des mandats à plus long terme, par exemple celui d’effectuer des recherches sur la participation citoyenne dans les municipalités du Québec. 

« Nous sommes extrêmement contrôlés sur les enveloppes à notre disposition. Nous nous conformons à 100 % à la loi. La vérité, c’est que les recherches du cabinet aident à la fois la conseillère, la chef du parti et la chef de l’opposition. Je suis convaincue que ça sert le citoyen. »

Mme Beaudin croit que ses adversaires tentent de décrire le travail du cabinet comme des recherches académiques. « Ce qu’on fait, c’est qu’on informe la population, on challenge des fonctionnaires, on valide certaines données. On ne peut pas juste déposer un rapport d’activités avec une bibliographie. Ce n’est pas ça notre travail. »

Il ne faut donc pas s’attendre au dépôt de rapports détaillés, mardi, mais à une liste de sujets traités. 

Concernant la somme de 36 000 $ dévolue au parti, elle sert principalement aux tâches administratives de gestion de Sherbrooke Citoyen, entre autres la production d’un rapport annuel et la vérification des chiffres par une vérificatrice.